Il y a un an, le 20 janvier 2025, les Etats-Unis remettaient au goût du jour la doctrine « America First », dans une version plus musclée, exposée par le président Trump dans son deuxième discours d’investiture à la Maison Blanche. Le lendemain, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, rétorquait depuis le Forum économique mondial de Davos : l’Europe a d’autres options et coopérera « avec n’importe quel pays dont elle partage les intérêts ».
Un mois plus tard, elle emmenait le collège entier des commissaires européens en Inde, pour le premier voyage à l’étranger de son deuxième mandat. Un geste important, mais assez peu suivi d’effets : la négociation de l’accord de libre-échange avec l’Inde allait encore traîner toute l’année.
Depuis, Trump a mis ses menaces à exécution au-delà des pires rêves des Européens – et des Indiens. Tout naturellement en ce début 2026, l’Inde et l’Europe se trouvent de plus en plus d’affinités géostratégiques, offrant un exemple de recomposition dans le nouveau chaos mondial. Ursula von der Leyen retourne à New Delhi le 27 janvier, avec cette fois le président du Conseil européen, Antonio Costa, et un solide espoir de signer l’accord de libre-échange. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, vient de passer deux jours en Inde, avec un ton nouveau. « Des vents violents soufflent et nous devons unir nos forces pour les affronter », y a-t-il plaidé. Et le président Emmanuel Macron le suivra en février.