Une délégation bipartisane du Congrès américain a entamé, vendredi 16 janvier à Copenhague, une visite de soutien au Danemark et au Groenland face aux convoitises de Donald Trump, nouveau geste en faveur du territoire arctique après l’envoi d’une mission militaire européenne de reconnaissance.

Les onze parlementaires doivent en particulier rencontrer la première ministre danoise, Mette Frederiksen, qui a acté l’existence d’un « désaccord fondamental » avec l’administration Trump, en présence du chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen.

La délégation américaine est arrivée vers midi au siège du patronat danois pour un repas avec des chefs d’entreprise. Un van noir a été vu peu avant midi par un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) sortant des bureaux de la première ministre, mais le cabinet de Mme Frederiksen n’a pas confirmé que la rencontre avait eu lieu.

« Nous faisons preuve d’une solidarité bipartisane envers les habitants de ce pays et envers le Groenland. Ils sont nos amis et nos alliés depuis des décennies », a déclaré Dick Durbin, sénateur démocrate, à des journalistes. « Nous voulons qu’ils sachent que nous leur en sommes très reconnaissants, et que les déclarations du président ne reflètent pas ce que ressent le peuple américain », a-t-il ajouté en arrivant au siège du patronat danois.

Outre Dick Durbin, la délégation américaine est composée des sénateurs Chris Coons, Peter Welch et Jeanne Shaheen du Parti démocrate, ainsi que Thom Tillis et Lisa Murkowski du Parti républicain. La Chambre des représentants est représentée par les démocrates Steny Hoyer, Gregory Meeks, Madeleine Dean, Sara Jacobs et Sarah McBride.

Cette visite intervient deux jours après une réunion à Washington durant laquelle les autorités danoises ont constaté l’impossibilité de s’entendre dans l’immédiat avec les dirigeants américains sur l’avenir du territoire autonome. Donald Trump ne cesse de répéter sa volonté de s’emparer de l’immense île et critique Copenhague sur son manque supposé d’engagement au Groenland.

Deux jours après l’annonce du renforcement militaire danois, et l’envoi d’une mission de reconnaissance européenne, les militaires étaient plus visibles, vendredi, dans la capitale groenlandaise, a constaté un journaliste de l’AFP. La France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont annoncé l’envoi de quelques personnels militaires, préalable à de nouveaux exercices dans l’Arctique.

La France a déjà déployé « une première équipe de militaires » au Groenland et va dépêcher « dans les prochains jours » de nouveaux « moyens terrestres, aériens et maritimes » dans le territoire autonome danois, a affirmé Emmanuel Macron.

Il est « hors de question » que les Etats-Unis acquièrent le Groenland, avait répondu le ministre des affaires étrangères du Danemark, Lars Lokke Rasmussen. L’envoi de militaires européens au Groenland pour un exercice vise à « envoyer un signal » à « tout le monde », y compris aux Etats-Unis, sur la détermination des pays européens à « défendre [leur] souveraineté », a fait valoir Alice Rufo, la ministre déléguée auprès de la ministre des armées.

« Je ne pense pas que le déploiement de troupes en Europe ait un impact sur la prise de décision du président, et cela n’a aucun impact sur son objectif d’acquérir le Groenland », a déclaré, jeudi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, pendant une conférence de presse.

Dans ce contexte, d’importantes manifestations sont prévues, samedi, dans plusieurs villes du Danemark et à Nuuk, afin de protester contre les ambitions territoriales de Donald Trump. Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes ont signalé leur volonté de participer aux rassemblements au Danemark dans la capitale du pays, Copenhague, ainsi qu’à Aarhus (Centre), à Alborg (Nord) et à Odense (Sud), à l’initiative de plusieurs organisations groenlandaises.

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