Voir un concert du chanteur Danyl, c’est se réconcilier avec la génération Z. Si vous l’imaginiez repliée sur elle-même, dépolitisée, sans cesse accrochée à son smartphone, il faut venir observer le public de ce Franco-Algérien de 27 ans. Pas un téléphone allumé, des paroles chantées à tue-tête, comme celles de Marine (2004), de sa collègue Diam’s, dédiée à l’actuelle présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée : « Moi j’emmerde, j’emmerde, j’emmerde qui ? » Ou celles de Brouillon, que Danyl vient de sortir en single : « Rien qu’j’me pose des questions, faut qu’j’rentre à la maison. Mais la maison c’est où ? (…), C’est brouillon, mais c’est nous. »
C’est l’une des 15 chansons de Zmig (« immigré » en arabe dialectal), son premier album paru le 16 janvier, qui mêle raï, pop, R’n’B et rap. Danyl en a présenté 12 extraits en concert, au rythme d’un spectacle par mois depuis octobre, dans des salles à taille humaine, de 1 000 à 1 500 personnes, à Paris : La Cigale, le Bataclan, l’Elysée-Montmartre et La Machine du Moulin-Rouge, le 20 janvier. Pour que les nouveaux morceaux ne se soient pas diffusés trop tôt sur Internet, il a demandé à son public de ne pas filmer.