L’opposante vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix Maria Corina Machado a affirmé, vendredi 16 janvier à Washington, que son pays entamait « une véritable transition vers la démocratie » et serait « libre » avec le soutien de Donald Trump. « Nous sommes désormais dans les premières étapes d’une véritable transition vers la démocratie », a-t-elle déclaré lors d’une conférence, ajoutant que cela aurait « un impact considérable sur la vie de tous les Vénézuéliens » ainsi que sur l’ensemble de la région et dans le monde.
« Je veux assurer aux Vénézuéliens que le Venezuela sera libre, et que cela sera possible avec le soutien du peuple américain et du président Donald Trump », a-t-elle ajouté, au lendemain d’une rencontre à la Maison Blanche avec le président américain, auquel elle a offert la médaille de son prix Nobel de la paix. Auparavant, elle avait assuré à la chaîne Fox News qu’elle serait élue présidente du Venezuela « le moment venu ».
Peu après la capture, le 3 janvier, du président vénézuélien, Nicolas Maduro, détenu aux Etats-Unis, Donald Trump avait estimé que Mme Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre 2025 pour recevoir le Nobel, n’était pas qualifiée pour diriger son pays.
Le chef de l’Etat américain a par ailleurs longuement échangé cette semaine avec la présidente par intérim du pays, Delcy Rodriguez, pour laquelle il n’a eu que des éloges, la qualifiant de « personne formidable ». Selon un responsable américain sous le couvert de l’anonymat, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a rencontré Delcy Rodriguez, qui est sous le coup de sanctions américaines, jeudi à Caracas, « afin de lui porter le message que les Etats-Unis ont hâte de construire une meilleure relation de travail ».
Pour Mme Machado, la présidente par intérim exécute « des ordres » de Washington. Delcy Rodriguez n’est « pas à l’aise » dans la relation actuelle avec les Etats-Unis, à laquelle elle n’adhère pas « de son plein gré », a ajouté la figure de l’opposition vénézuélienne.
Le président américain l’avait reçue jeudi lors d’un déjeuner à l’écart de la presse, au cours duquel elle lui a offert la médaille de son prix Nobel. « Il le mérite », a déclaré Mme Machado vendredi sur Fox News au sujet du président américain, qui avait, lui, salué la veille un « magnifique geste de respect mutuel ». Le milliardaire républicain a assuré vendredi qu’il « continuerait à parler » avec l’opposante vénézuélienne.
Le comité Nobel à Oslo, qui décerne le prestigieux prix Nobel de la paix, a rappelé vendredi que cette récompense était « indissociable » de la personne qui la recevait. « Quoi qu’il advienne de la médaille, du diplôme ou de l’argent du prix, c’est et ce sera toujours le lauréat initial qui restera dans l’histoire comme récipiendaire du prix », a souligné le comité dans un communiqué.
M. Trump a assuré qu’il entendait, jusqu’à nouvel ordre, dicter toute décision prise par Caracas, notamment en matière pétrolière. Pour arriver à ses fins, il lui faudra toutefois convaincre les multinationales pétrolières, dont certaines sont prudentes voire franchement réticentes, d’investir massivement dans les infrastructures au Venezuela.
Ce pays dispose des plus grandes réserves prouvées de brut au monde, avec 303 221 millions de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), devant l’Arabie saoudite (267 200 millions) et l’Iran. Toutefois, des années de mauvaise gestion et de corruption ont fait chuter la production d’un pic de plus de 3 millions de barils/jour (bj) à un plus bas historique d’un peu plus de 350 000 bj en 2020. La production avoisinerait actuellement 1,2 million bj, selon les autorités.