Là-bas, derrière l’océan Atlantique, pointent-ils du doigt, c’est l’Amérique. Ici, sur ce bout de plage qui longe la corniche, dans le quartier populaire de Yacoub El Mansour, à Rabat, c’est leur terre de liberté. Dans le noir presque absolu, seulement éclairé par la lampe de leur téléphone, Imad, Hamza, Ali ou Aimène (ils souhaitent garder l’anonymat), âgés de 24 à 33 ans, se retrouvent chaque soir après le travail – pour ceux qui en ont un –, assis sur ces rochers.

On y sirote le même café serré pendant des heures et on se laisse bercer par les effluves parfumés du zatla, un joint de cannabis. Cette nuit-là, on parle de foot, de foot et encore de foot. « Nous, on aime trop ça. On en a besoin, c’est pour respirer », lance Hamza, 29 ans, ouvrier sur des chantiers, le visage camouflé dans une capuche pour se protéger d’une brise glaciale. Lui et ses « frères » sont des ultras du club des Forces armées royales – les FAR de Rabat –, membres de la Black Army (« l’armée noire », en anglais) ou de l’Askary (« militaire », en arabe), les deux groupes de supporteurs.

« Leur passion est extrême, et déborde parfois en bagarres », décrit le Français Hubert Velud, éphémère entraîneur des FAR, entre octobre 2024 et février 2025. « Ce n’est qu’une réputation. On se défoule quand on va au stade, confie Hamza, également père de trois enfants. C’est comme si j’avais fait un long et beau voyage. J’attends toutes les semaines pour y aller. C’est le plaisir de sortir de la routine. »

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