Drapée d’un châle gris aux motifs inuits, les mains ornées de tatouages traditionnels, un torrent de perles accroché à chaque oreille, Lisa Bundgaard Jensen raconte. De mère groenlandaise et de père danois, elle est née, il y a quarante-six ans, à Kuummiut, un petit village sur la côte est du territoire autonome. Les paysages y sont à couper le souffle. Le taux de suicide y est aussi le plus élevé de l’île.
A 7 ans, Lisa est venue vivre au Danemark avec ses parents. Elle a découvert les moqueries, les insultes et les « blagues groenlandaises », peuplées d’Inuits frustes et alcooliques. L’indifférence aussi pour ses origines et sa culture. Son récit est loin d’être unique.
Danoise et groenlandaise, Lisa s’est longtemps débattue avec son identité, comme la plupart des 17 000 Groenlandais vivant au Danemark, dont certains, comme elle, ne parlent pas la langue inuite.