Ils n’y ont vu que des carreaux et du béton sur un mur. A Thiès, les 5 et 6 janvier, des ouvriers ont pourtant détruit la fresque ornementale du Monument aux morts de la place de France à Thiès, à 70 kilomètres de Dakar. Cette œuvre d’art est l’unique pièce de cette taille réalisée en 1973 par Papa Ibra Tall, artiste sénégalais majeur, père de l’esthétique négro-africaine et fils spirituel du président poète, Léopold Sedar Senghor (1906-2001).

Certes, ce bloc de béton d’une vingtaine de mètres, décoré de milliers de mosaïques, avait perdu de sa superbe ces dernières années. Faute d’entretien et de moyens dédiés à sa préservation, ce legs du fondateur et premier directeur de la Manufacture des tapisseries de Thiès, devenue la Manufacture sénégalaise des arts décoratifs, décédé en 2015, n’avait rien de comparable à l’éclat des autres œuvres de l’artiste, dont certaines sont exposées aux sièges de l’Union africaine, à Addis-Abeba, et des Nations unies, à New York, ou au Musée d’art américain du Smithsonian, à Washington.

De là à imaginer la mise à mort à coups de burins du joyau patrimonial local ? Le 6 janvier, des Thiessois, choqués, donnent l’alerte et diffusent l’image d’ouvriers désauçant, du haut de leurs échafaudages, la fresque murale.

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