Est-ce bien raisonnable de porter des UGG ?

Parmi tous les fléaux stylistiques que nous infligent l’hiver et ses températures hostiles, l’irrésistible invasion des paires de bottines UGG méritent une analyse – raisonnablement – poussée. Davantage que le succès des doudounes, polaires, cagoules et autres Sophie Scarf, celui des bottines australiennes fourrées en dit long, en effet, sur notre époque.

De fait, tous les individus ayant un jour enfilé une paire d’UGG (par professionnalisme, l’auteur de ces lignes a un jour tenté l’aventure) pourront témoigner du troublant plaisir procuré par l’exercice. Intégralement fourrées de laine de mouton, débarrassées de tout système de serrage et perchées sur une semelle extrêmement tendre, les UGG ne sont pas simplement confortables. Elles sont incroyablement molles.

C’est bien le sujet. Le succès fou de ces bottes, créées au début des années 1970 par un surfeur australien désireux de mettre ses pieds à l’abri du froid à la sortie de l’eau, semble s’inscrire dans un mouvement plus large ayant transformé la légitime recherche d’aisance et de plaisir en une quête du mou.

Ainsi, de la même manière que l’on se chausse d’UGG, on se plaît à manger des pancakes fluffy si nuageux que la mastication en devient superflue ou à se vautrer dans des canapés Togo aériens dont on peine à se relever. De quoi ce désir de mollesse pourrait-il être le nom ? Sommes-nous tant épris de confort qu’une ordinaire basket semble trop raide ?

Ou sommes-nous devenus si fainéants que le laçage d’une paire de chaussures ou le masticage d’un pancake paraissent d’insurmontables épreuves ? Plus largement, cet attrait pour le mou recouvre-t-il, en ces temps particulièrement difficiles, une forme inconsciente et salutaire d’autoprotection ? Ou racontons-nous, une fois de plus, n’importe quoi ?

A ce stade, à toutes fins utiles, rappelons que la mollesse des UGG, qui ne soutiennent ni le pied ni la cheville, peut causer à moyen terme tensions musculaires, problèmes articulaires et même arthrose. Rappelons surtout que les it shoes australiennes sont destinées à rapidement se plisser pour présenter un aspect semblable à celui de la face d’un shar-peï. Moralité ? Les UGG, c’est mou, mais dur à vivre à la longue.

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