Sur les écrans du stade, le vent est annoncé à zéro mètre par seconde. La température est tout juste négative mais les sommets des Alpes bavaroises sont baignés d’un doux soleil d’hiver. La neige est étincelante, la piste rapide, ménageant une descente réconfortante avant d’arriver au pas de tir protégé par un massif abrupt piqueté de sapins. Ruhpolding, surnommé « le temple du biathlon », semblait cette semaine l’antre propice aux derniers ajustements techniques des biathlètes, à trois semaines du début des Jeux olympiques d’hiver. Mais un temple n’est rien sans ses fidèles et ses célébrations – telle celle de la Française Lou Jeanmonnot, après sa victoire en poursuite, dimanche 18 janvier.
Cinq jours durant, la Chiemgau Arena, remplie quotidiennement d’environ 15 000 fidèles aux couvre-chefs extravagants, hérissant les tribunes de bannières, n’a pas failli à sa réputation de grand-messe carnavalesque et chaleureuse. C’est au grésillement strident des crécelles, l’indispensable accessoire des fans, que les athlètes ont poursuivi leur double objectif : performer dans cette étape iconique de la Coupe du monde, mais aussi faire le plein de confiance en prévision du rendez-vous olympique de Milan-Cortina, qui débutera, pour le biathlon, le dimanche 8 février sur la piste d’Antholz-Anterselva, dans le Sud-Tyrol.