Lorsque Sebastian Crespin-Cimino quitte l’appartement dans lequel il vit avec ses parents, dans le 15e arrondissement de Paris, il scanne aussi un petit boîtier grâce à son smartphone. Dès lors, jusqu’à nouvel ordre, ses réseaux sociaux – Instagram, Snapchat et TikTok – sont bloqués sur son portable. Ce petit carré aimanté, posé entre des photos de famille sur le meuble de l’entrée, agit comme un interrupteur, rendant inaccessibles les applications sélectionnées.
Depuis dix mois, ce jeune homme de 23 ans, étudiant en master de business international à l’université Paris-Dauphine-PSL, utilise ce bloqueur d’applications dans différentes situations : avant de dormir, lorsqu’il travaille et quand il sort de chez lui. Sa motivation ? Reprendre le contrôle sur son temps, qu’il sent parfois « aspiré par les réseaux sociaux », explique ce Franco-Vénézuélien.
Nés avec les réseaux sociaux, souvent qualifiés de « digital natives », ils sont de plus en plus nombreux dans la Gen Z – génération née de la fin des années 1990 jusqu’au début des années 2010 – à questionner leurs usages numériques. Ce sentiment de perte de contrôle, renforcé par le développement du scroll infini, pousse beaucoup d’entre eux à mettre en place différentes stratégies pour reprendre la main.