Larissa Bombardi est géographe à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Notamment autrice de l’essai Pesticides. Un colonialisme chimique (Anacoana, 2024), elle étudie, entre autres, comment l’industrie chimique européenne exporte des produits interdits sur le Vieux Continent vers le Brésil. Longtemps enseignante à la prestigieuse université de Sao Paulo, elle a dû se réfugier en Europe en 2021, après avoir subi de nombreuses menaces, dont une séquestration à domicile au cours de laquelle elle s’est fait dérober son ordinateur. Elle revient sur les potentielles conséquences environnementales de l’accord commercial entre l’Union Européenne (UE) et le Mercosur.

Côté brésilien, le principal bénéficiaire de cet accord sera le secteur de l’agronégoce, qui devrait augmenter ses ventes [la valeur des exportations vers l’UE devrait augmenter de 2 % à 7 %, selon l’Institut d’enseignement et de recherche, basé à Sao Paulo]. La première conséquence est donc une possible avancée de l’agriculture sur des surfaces non exploitées, notamment en Amazonie, où les cultures de soja, de bétail et de canne à sucre s’étendent. Cette hausse des ventes implique aussi une intensification de l’usage de pesticides [selon la Société brésilienne de recherche agricole, entre 2010 et 2020, l’utilisation d’herbicides a augmenté de 128 %, lorsque la surface cultivée du pays n’a augmenté que de 19,5 %].

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