En l’absence de Loïs Boisson, forfait pour le premier tournoi du Grand Chelem de la saison, tous les espoirs du contingent tricolore féminin pourraient bien reposer sur les épaules d’Elsa Jacquemot. La 58e joueuse mondiale s’est qualifiée pour le deuxième tour de l’Open d’Australie après avoir remporté un duel accroché contre l’Ukrainienne Marta Kostyuk (6-7, 7-6, 7-6), tête de série n °20, dimanche 18 janvier à Melbourne.

Pour sa première participation dans le tableau principal, la Lyonnaise de 22 ans a réalisé une performance remarquable, au bout du super tie-break et de 3 h 31 d’efforts. Après deux premiers sets d’abord menés par l’une, puis conclue par l’autre, la troisième manche a livré un final à suspense. A la mène, alors que Marta Kostyuk avait fait bander sa cheville gauche, la joueuse française n’est pas parvenue à conclure, emmenant les deux protagonistes dans un jeu décisif étouffant, finalement à sa faveur.

« C’était un des gros matchs de ma carrière, ça va faire partie des matchs que je n’oublierai pas », commentait Elsa Jacquemot au sortir du duel, elle qui n’avait encore jamais battu de joueuse du Top 20. « On a quand même fait trois tie-breaks, ça s’est vraiment joué au mental parce qu’en plus on était en plein cagnard, et il y avait grave du monde. » Qualifiée pour le deuxième tour de l’Open d’Australie, elle tentera d’égaler son meilleur parcours en tournoi du Grand Chelem, mercredi face à la Kazakhe Yulia Putintseva (105e joueuse mondiale), tombeuse quant à elle de la Brésilienne Beatriz Haddad Maia.

Seizième de finaliste à Roland-Garros l’an passé, éliminée par sa compatriote Loïs Boisson, et déjà qualifiée pour le second tour à Wimbledon et l’US Open, Elsa Jacquemot prolonge sa montée en puissance, et sa prise de confiance. « Je n’ai passé que le premier tour, je ne suis pas en train de me dire “Waouh, c’est un truc de dingue, j’ai battu Marta, la tête de série n °20”. J’ai toujours cru que je pouvais gagner ce match. »

La soirée australienne a en revanche été plus délicate pour les autres Françaises en lice. Opposée à la Grecque Maria Sakkari, Léolia Jeanjean a un temps mené les échanges dans le premier set (3-0), avant de subir le rythme de l’ancienne n °3 mondiale (4-6, 2-6). Scénario similaire pour Sarah Rakotomanga, 118e joueuse mondiale et invitée par l’organisation australienne, soufflée par la n °1 au classement WTA, Aryna Sabalenka (4-6, 1-6), malgré un break réalisé d’entrée.

Si la marche semblait trop haute pour ses compatriotes, celle qui attend Varvara Gracheva, dernière Tricolore à devoir entrer en lice, le 20 janvier, paraît accessible. Face à la Suisse Viktorija Golubic, qu’elle a déjà su battre par le passé, la joueuse d’origine russe, aura ses chances. En cas de défaite, Elsa Jacquemot serait alors, dès le second tour, la dernière représentante d’un contingent tricolore déjà réduit.

A l’inverse, dans le tableau masculin, les joueurs français fouleront les courts en nombre. Quatorze d’entre eux s’alignaient au départ du premier Grand Chelem de la saison. Et la première journée à Melbourne Park leur a aussi fait connaître leurs premiers revers.

Ainsi, Kyrian Jacquet, bénéficiaire d’une wild-card, s’est incliné face à l’Américain Emilio Nava, au terme d’un duel en cinq sets (2-6, 5-7, 7-6, 6-4, 6-7), au super tie-break. Benjamin Bonzi, opposé au Britannique Cameron Norrie, a également rendu les armes à l’issue d’une rude bataille (0-6, 7-6, 6-4, 3-6, 4-6). Seul Corentin Moutet, tête de série n °32, a franchi le premier tour, en s’imposant en trois sets face au local Tristan Schoolkate (6-4, 7-6, 6-3), avec ses facéties habituelles.

« Je suis vraiment désolé, je ne voulais pas me comporter comme ça, mais après deux sets, j’étais vraiment fatigué », a commenté le Français de 26 ans, en proie à une douleur à la cuisse, avant de jouer la balle de match sur un service à la cuillère. « Il n’y avait aucun manque de respect de ma part, je l’ai fait parce que je pensais que c’était la meilleure option à ce moment-là. » Dans les deux prochains jours, dix autres joueurs tricolores entreront en lice sur les courts australiens, dont Ugo Humbert, Gaël Monfils et Hugo Gaston, dont les chances semblent compromises à l’avance face au double tenant du titre et n °2 mondial, l’Italien Jannik Sinner.

Parmi les grands favoris à la victoire finale, aucune chute majeure n’a été enregistrée pour le moment. Seules quelques errances de certaines têtes de série ont pu être relevées, comme la sortie prématurée de la Russe Ekaterina Alexandrova, n °11 au classement WTA, vaincue par la Turque Zeynep Sonmez, issue du tournoi qualificatif, ou la plate défaite de l’Italien Flavio Cobolli, tête de série n °20, battu par le Britannique Arthur Ferry, lui aussi passé par les qualifications.

Quant à Venus Williams, de retour sur les courts australiens à 45 ans, et invitée par l’organisation pour la première fois depuis 2021, son élimination au premier tour ne peut être réellement nommée comme une surprise. Face à la Serbe Olga Danilovic, la double finaliste de l’Open d’Australie – en 2003 et 2017 – a tout de même réussi à remporter un set (7-6, 3-6, 4-6). « C’était un super match, savourait-elle malgré sa défaite. C’est génial d’avoir joué aussi bien […] mais sur plein d’aspects, je dois réapprendre la bonne manière de faire les choses. »

Ce que Carlos Alcaraz, leader au classement ATP et lancé en quête du seul Grand Chelem manquant à son palmarès, a fait sans trembler face au local Adam Walton (6-3, 7-6, 6-2). De même pour Alexander Zverev, finaliste l’an passé à Melbourne. Lundi (dans la nuit de dimanche à lundi dans l’Hexagone), les autres prétendants au titre final gagneront les courts, dont le Serbe Novak Djokovic, décuple vainqueur du tournoi, ou la Polonaise Iga Swiatek.

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