La tactique britannique de l’apaisement a-t-elle encore un sens ? Pendant près d’un an, jusqu’aux demandes extravagantes de Donald Trump concernant le Groenland, le premier ministre, Keir Starmer, a refusé de critiquer ouvertement le président américain, répétant que la « relation spéciale » entre Londres et Washington restait essentielle, spécialement la coopération en matière de défense et de renseignement, et que « choisir » entre l’Union européenne et les Etats-Unis constituait une « erreur stratégique ». Mais la coupe semble pleine pour le dirigeant travailliste qui ose enfin résister, au moins réthoriquement, aux intimidations trumpiennes.
« Imposer des droits de douane à des alliés qui défendent la sécurité collective des membres de l’OTAN est totalement inadmissible », a promptement réagi Downing Street samedi 17 janvier, suite aux menaces américaines d’imposer des taxes supplémentaires à l’exportation pour tous les pays s’opposant à sa volonté d’acquérir le Groenland. « Notre position sur le Groenland est très claire : il fait partie du Royaume du Danemark, et c’est aux Groenlandais et aux Danois de décider de son avenir », a aussi souligné Keir Starmer. Cette position « n’est pas négociable », renchérissait Lisa Nandy, la ministre de la culture de M. Starmer, dépêchée sur les plateaux de télévision, dimanche, pour réagir au nom de son gouvernement.