Six romans, deux récits, deux essais de philosophie, un livre de photos, un album pour enfant… Voici les brèves critiques de douze ouvrages notables en cette troisième semaine de l’année.
Pendant quinze ans, l’artiste Florence Chevallier a photographié avec passion Gabrielle, la petite-fille de son compagnon, de ses 6 ans jusqu’à la fin de l’adolescence. De cette complicité est née une suite d’images rêveuses et élégiaques qui ne sont pas seulement belles : elles témoignent du passage du temps, donnant à voir les métamorphoses d’un visage et d’un corps. Photographiée au milieu de motifs végétaux – jardins, sous-bois – souvent baignés d’une lumière chaude et crue, Gabrielle semble se prêter de bon gré à ces séances. Si l’artiste oriente parfois la direction de son regard, elle la laisse libre dans ses gestes et ses expressions. C’est sans doute cette confiance réciproque qui rend ces portraits si attachants : ils ne cherchent pas à figer une apparence, mais à rendre hommage à un visage, toujours en devenir. A travers En herbe se dessine aussi une histoire vivante de la relation entre la photographe et son modèle : toutes deux à la recherche du regard de l’autre. A. d. C.