Plus de 160 fidèles ont été kidnappés au cours d’une attaque menée dimanche par des gangs armés visant deux églises dans un village isolé de l’Etat de Kaduna, dans le nord du Nigeria, ont fait savoir, lundi 19 janvier, un membre du clergé chrétien et un rapport de sécurité de l’ONU consulté par l’Agence France-Presse (AFP).
Le pays le plus peuplé d’Afrique connaît une résurgence des kidnappings de masse depuis novembre, ce qui avait poussé le gouvernement américain à mener des frappes militaires le jour de Noël dans l’Etat de Sokoto, dans le nord-ouest du pays, le président Donald Trump accusant des groupes armés nigérians de persécuter les chrétiens, victimes selon lui d’un « génocide ».
« Les assaillants sont arrivés en nombre, ont bloqué l’entrée des églises et ont forcé les fidèles à sortir dans la brousse », a déclaré à l’AFP le révérend Joseph Hayab, président de l’Association chrétienne du Nigeria pour le nord du pays.
« Ils en ont enlevé 172, mais neuf se sont échappés, donc 163 sont toujours avec eux », a ajouté M. Hayab, précisant que les attaques ont eu lieu pendant la messe dominicale dans le village de Kurmin Wali, dans le district à majorité chrétienne de Kajuru. Les attaques ont été confirmées par un rapport de l’ONU consulté lundi par l’AFP, qui mentionne « plus de 100 fidèles » enlevés.
Le district de Kajuru, avec ses « zones forestières et peu peuplées », est une « cible privilégiée pour les enlèvements », permettant « aux bandits d’opérer librement et d’échapper aux forces de sécurité », souligne le rapport.
a poussé le président nigérian, Bola Tinubu, à déclarer l’état d’urgence national sécuritaire et à lancer le recrutement de militaires et de policiers pour lutter contre l’insécurité qui mine le pays.