Maintenir l’avenir ouvert

Nous ne pouvons pas nous empêcher d’espérer. Même au fond du fond de l’abîme, quand le futur semble barré et le pire inexorable, espérer est plus fort que nous. Ou plutôt espérer est au fondement de tout, à la racine non seulement de la religion mais aussi de la politique ou de l’amour, au cœur de notre raison surtout.

Que m’est-il permis d’espérer ? En tant que sujet raisonnable, disait Kant, je suis obligé d’affronter cette question. Je n’ai guère le choix, la quête d’autre chose, d’un autre monde plus moral, plus haut et plus humain, s’impose à moi. « Viser plus, demander plus. C’est cela l’espoir », résumait Paul Ricœur. En ce sens, l’espoir politique comme l’espérance spirituelle engage d’abord notre rapport au monde qui vient, notre relation à une « fin », au sens où l’humanité se donne des buts, proches ou lointains, afin de maintenir l’avenir ouvert.

A l’heure où l’horizon paraît s’assombrir, alors que l’humanité se trouve menacée par la catastrophe climatique et par de nouvelles cruautés meurtrières, peut-on encore espérer, malgré tout ? Si, comme le disait l’écrivain catholique Georges Bernanos, une espérance digne de ce nom est toujours un « désespoir surmonté », c’est précisément le moment de se jeter en avant. Ou du moins, selon la lettre et l’esprit du Forum philo Le Monde Le Mans, de se poser la question.

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