Monique Atlan et Roger-Pol-Droit : « Tenir à l’espoir, c’est d’abord signifier que l’avenir existe et demeure entre nos mains »

Un vain songe, l’espoir ? Une chimère naïve, trompeuse, nocive ? Une rêverie funeste à éliminer ? Quantité de discours l’ont répété – au nom de la raison, de la sagesse, du réalisme. Aujourd’hui, à cause de l’état de la planète, des violences qui montent, des impasses qui se multiplient, la fin de l’espoir serait affaire entendue. Il faudrait tourner la page, définitivement, remiser au placard, une fois pour toutes, le fantasme d’un monde meilleur. La partie serait finie, les jeux faits. L’espoir appartiendrait au musée des erreurs.

Nous ne le pensons pas. Il y a dix ans déjà, dans notre livre L’espoir a-t-il un avenir ? (Flammarion, 2016), nous remarquions que plus l’inquiétude, le pessimisme et l’angoisse s’intensifient, plus le besoin d’espérer resurgit, résiste, s’aiguise, ose se reformuler. Indéracinable, têtu, l’espoir s’obstine. Ce n’est pas sa faiblesse, mais sa puissance. Le cours des choses le confirme, mais en nous incitant plus encore à redéfinir et à réévaluer la notion d’espoir, en rappelant son lien indéfectible à l’action, en insistant sur sa dimension collective, actuellement en cale sèche, faute d’imaginaire.

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