Le site sur lequel se trouve l’établissement de Bétharram, au cœur d’un scandale de violences dont des agressions sexuelles, « va fermer », a annoncé, jeudi 22 janvier sur RTL, Pierre-Vincent Guéret, le président de la Fnogec, l’organisme de gestion de l’enseignement catholique.
« L’établissement Bétharram éclabousse par sa réputation l’intégralité de l’enseignement catholique, a-t-il souligné. Le mot Bétharram doit être envoyé aux oubliettes de l’Histoire. » En termes de calendrier « la logique (…) est qu’à l’été, il faut que ce soit fait », a-t-il précisé.
M. Guéret a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) que « derrière la notion d’établissement de Bétharram », qui a pris le nom de « Beau Rameau » en 2009, « il y a le symbole et l’établissement physique ». « Le symbole doit disparaître » car « vous ne pouvez pas porter un projet positif » dans ces lieux, a-t-il ajouté.
Quant aux élèves ayant aujourd’hui cours sur le site, « la proposition, c’est de les scolariser à Igon », commune voisine des Pyrénées-Atlantiques, où existent une école primaire et un lycée en lien avec l’établissement. Pour M. Guéret, « vous pouvez fermer et quitter les lieux sans perdre un enfant, ni un enseignant, ni un employé ».
Toutefois, selon le père Laurent Bacho, membre de la congrégation de Bétharram, la décision de fermeture « n’est pas encore prise » et fait encore l’objet de « pourparlers ».
Le président de la Fnogec (Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique) a souligné que « la tutelle est internationale » et que pour mener le projet à bien, « il faut que Rome donne son accord ». La congrégation des Pères de Bétharram est en effet pilotée depuis Rome.
« Si celle-ci ne s’engage pas, on les attaquera en justice », a ajouté M. Guéret selon qui « la subtilité juridique du droit franco-italien ne doit pas être un obstacle à la construction d’un projet qui est faisable ».
La Congrégation de Bétharram, qui dirigeait l’établissement béarnais au cœur du scandale, avait reconnu en mars 2025 sa « responsabilité » dans les faits dénoncés par près de 250 plaintes individuelles, dont la moitié pour des agressions à caractère sexuel. Elle a confirmé en octobre l’indemnisation de toutes les victimes, de personnels religieux comme de laïcs, en commençant par celles d’agressions sexuelles.