Les municipales des 15 et 22 mars sont marquées par des modifications importantes du mode de scrutin. La première concerne les villages de moins de 1 000 habitants, soit 71 % des 35 000 communes françaises, où vivent presque 9 millions de Français. La loi du 21 mai 2025 instaure un seul mode de scrutin municipal partout dans le pays.
Auparavant, lorsqu’il y avait moins de 1 000 habitants, un candidat pouvait se présenter seul ou en groupe, le décompte se faisait de toute façon par candidat et il n’y avait pas d’obligation de parité entre hommes et femmes. C’était le temps du « panachage » : chaque électeur pouvait rayer des noms sur le bulletin – un « tir au pigeon » qui avait ses adeptes comme ses détracteurs – et les remplacer par d’autres. A partir de 2026, quelle que soit la taille de la commune, le scrutin sera proportionnel et de liste paritaire, respectant une alternance homme-femme. Ce qui peut être un défi dans des villages peu peuplés.
La réforme a, en effet, provoqué une certaine inquiétude chez les élus et chez les futurs candidats. Certains craignent que les électeurs continuent de modifier la liste de candidats sur le bulletin, rendant malencontreusement leur vote caduc. Beaucoup craignent de ne pas trouver suffisamment de femmes pour constituer leur liste. Mais, à plus d’un mois de la limite du dépôt des listes, les échos du terrain montrent que cela n’a pas toujours constitué un obstacle.
Difficile d’imaginer quelles pourraient être les conséquences politiques de la réforme sur les résultats. Ces nouvelles règles pourraient bien favoriser l’apparition de nouvelles listes là où, d’habitude, il n’y a que celle du maire sortant. Le législateur parie, en tout cas, sur une plus grande vitalité démocratique, un renouvellement des élus municipaux, et sur le renforcement de la parité. Les conseils municipaux des communes de moins de 1 000 habitants ne comptent aujourd’hui que 37,6 % de femmes, contre 48,5 % dans celles qui sont déjà soumises à l’obligation de parité.
L’autre grand changement des municipales de 2026 est la réforme de la loi dite « PLM » (pour Paris-Lyon-Marseille). Promulguée le 11 août 2025, elle modifie celle de 1982. Jusqu’à présent, les trois plus grandes villes du pays, qui rassemble 2,1 millions d’électeurs à elles trois, bénéficiaient d’un mode de scrutin dérogatoire par rapport aux autres communes. Avec un même bulletin de vote, l’électeur désignait ceux qui siégeaient au conseil d’arrondissement (ou de « secteur ») et les élus qui participaient également au conseil municipal, lequel élisait le maire de la ville.
Dorénavant, il y aura deux scrutins (et même trois à Lyon où l’on vote directement pour la métropole) : un pour le conseil d’arrondissement (ou de « secteur ») et un pour le conseil de la ville, lequel désignera le maire. Dans l’esprit du législateur, l’enjeu est démocratique : donner le même poids électoral à chaque voix. Aujourd’hui, en effet, le système « à deux étages » rend possible d’obtenir la majorité des sièges mais pas celle des voix.