Quasi inexistant au début du conflit avec la Russie, le secteur ukrainien des technologies de défense est, par la force des choses, devenu l’un des plus dynamiques au monde. Au centre de cette révolution militaro-technologique se trouve Brave1.
La plate-forme, fondée en avril 2023 à l’initiative du ministère de la transformation numérique, coordonne l’action de l’ensemble des acteurs pour répondre aussi rapidement que possible aux besoins du front. Politiques, militaires, industriels, investisseurs et organismes de collecte de fonds y collaborent pour accélérer l’innovation, la certification et la production de matériel militaire.
Inspirée de la Defense Advanced Research Projects Agency américaine (Agence pour les projets de recherche avancée de défense, connue sous son acronyme Darpa) ou de l’Accélérateur d’innovation de défense de l’OTAN (Diana), Brave1 s’en distingue notamment par la rapidité des procédures de certification. Le délai entre le dépôt d’un projet et sa validation est en moyenne de deux à trois mois, alors que plusieurs années sont parfois nécessaires aux Etats-Unis ou en Europe. Cette validation est consacrée par l’attribution d’un numéro de nomenclature OTAN, qui garantit « l’interopérabilité » du matériel utilisé par les Etats membres. Ce sésame permet aux entreprises dont les projets sont retenus d’envisager à terme l’élargissement de leur horizon commercial, bien que l’Ukraine ne fasse pas partie de l’Alliance.