Une nouvelle crise secoue la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), créée en 2021 pour orienter les politiques publiques sur ces sujets après le succès retentissant du livre de Camille Kouchner, La Familia grande (Seuil, 2021). Mardi 22 janvier, l’association Face à l’inceste, actrice de terrain reconnue, a annoncé qu’elle claquait la porte de la commission, à laquelle elle participait depuis sa création.
Se disant muselées et tenues à l’écart de certains travaux, Solène Podevin-Favre, la présidente de Face à l’inceste, et Michèle Créoff, membre de son bureau, ont choisi de démissionner, avec fracas. « L’existence du débat d’idées, argumenté et respectueux, s’est progressivement transformée en une fabrique volontaire du dissensus, rendant impossible des avancées », estime Face à l’inceste dans un communiqué envoyé à la presse. Plus grave encore, « la parole des victimes n’est plus la boussole de la Ciivise », accuse l’association démissionnaire jointe par Le Monde.
La situation s’est progressivement dégradée, explique Mme Podevin-Favre, qui était, depuis avril 2024, membre du collège directeur de la Ciivise. « On constate des dysfonctionnements importants qu’on a espéré un temps pouvoir résoudre, mais qui s’aggravent et conduisent à des décisions qui vont contre l’intérêt des enfants », considère-t-elle. Certaines des 82 recommandations du rapport de la Ciivise, « Violences sexuelles faites aux enfants : on vous croit », remis au gouvernement en novembre 2023, seraient aujourd’hui ouvertement contestées par des membres de la commission.