La haute joaillerie sous le règne animal

A la faveur de nouvelles mises en scène par l’industrie du divertissement, les figures animales réinvestissent l’imaginaire collectif. Dernier symbole en date : Zootopie 2, qui s’est imposé comme le film le plus rentable de l’année 2025 au box-office américain et le deuxième plus gros succès mondial, derrière le film d’animation chinois Ne Zha 2. En Chine, justement, des spectateurs ont même assisté à la projection de Zootopie au cinéma avec leur (vrai) chien.

Le phénomène animalier se décline aussi sur les réseaux sociaux, Internet étant de plus en plus envahi par des vidéos anthropomorphiques qui cumulent des millions de vues : lapins sautant sur un trampoline, bêtes sauvages jouant avec des enfants, chats en costume trois-pièces… Ici, un instagrameur apparaît en compagnie d’une flopée de dalmatiens ; là, une tiktokeuse se montre devant son hall d’immeuble caressant des faons.

Générés par l’intelligence artificielle, ces chiots irréels, chatons aux grands yeux et créatures hybrides parfaitement lissées prolifèrent, donnant naissance à une pléthore de deepfakes. Autant de slops (des contenus créés par IA, de faible qualité et produits à la chaîne) qui participent au brainrot (« abrutissement numérique »).

Cette inflation sur écran de bêtes en tout genre n’a pas pour autant affaibli l’intérêt pour les animaux bien réels. Au contraire. Signe des temps, les compagnons domestiques sont courtisés par les marques de luxe, qui leur consacrent vêtements, accessoires et services haut de gamme. Colliers sertis, manteaux sur mesure, sacs de transport griffés : le chien et le chat deviennent des extensions de l’image sociale de leur propriétaire.

En matière de bestiaire, la haute joaillerie apparaît pionnière, en ce sens qu’elle n’a pas attendu le succès de Zootopie ni l’essor de l’intelligence artificielle pour ériger la faune en icône. Depuis des siècles, cette dernière nourrit l’imaginaire des maîtres joailliers. Dès l’Egypte antique, les scarabées étaient confectionnés en or et en pierres précieuses. Papillons, serpents et panthères se sont imposés comme des motifs récurrents, tant pour leur puissance symbolique qu’esthétique.

Cette saison, les grandes marques de luxe renouvellent les motifs animaliers qui composent leur vocabulaire. Les créateurs puisent dans la richesse du règne du vivant pour imaginer des pièces d’exception et révéler la virtuosité des ateliers. Les ailes délicates d’une abeille deviennent le prétexte à des sertissages aériens, les écailles d’un crocodile se prêtent à des jeux de volumes et des dégradés de diamants, tandis que l’éclat d’un pelage félin inspire des pavages polychromes d’une grande finesse. Un retour aux sources en hommage à la beauté fragile et menacée de la nature.

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