A une période où Bamako subissait de plein fouet le blocus sur le carburant imposé par le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM, la filiale sahélienne d’Al-Qaida), la bonne tenue de l’événement a eu valeur de symbole. Celui d’un partenaire, la Turquie, qui ne lâche pas ses alliés, même dans les pires moments. Drones de surveillance, fusils-mitrailleurs, pistolets automatiques… En cette mi-novembre 2025, alors que la junte au pouvoir peinait à remplir les stations-service sous la pression djihadiste, se tenait au parc des expositions de la capitale le Bamex 2025, un salon de l’industrie de défense turque.
Trois jours durant, les principales sociétés d’équipement militaire turques ont vanté la qualité de leurs produits. Et rappelé que le Mali était un de leurs meilleurs clients africains depuis que la junte, dirigée par le général Assimi Goïta, en a pris la tête lors d’un putsch, en août 2020. Déployant déjà son soft power dans le pays à travers divers échanges commerciaux, des ONG ou des écoles islamiques, la Turquie s’est, comme la Russie, engouffrée dans la brèche sécuritaire ouverte après le renvoi, en 2022, de l’armée française par les militaires au pouvoir.