L’Iran veut « conclure un accord » avec les Etats-Unis, a déclaré Donald Trump, vendredi 30 janvier, en ajoutant qu’il avait fixé à Téhéran un délai qu’il n’a pas divulgué. « Je peux vous dire qu’ils veulent conclure un accord », a déclaré le président américain aux journalistes dans le bureau Ovale, à Washington.

Lorsqu’on lui a demandé s’il avait communiqué aux Iraniens un délai, M. Trump a répondu « oui », et qu’« eux seuls le savent avec certitude ». « Espérons que nous parviendrons à un accord. Si c’est le cas, tant mieux. Si ce n’est pas le cas, nous verrons bien ce qui se passera », a-t-il encore dit.

« Si les négociations sont justes et équitables, la République islamique d’Iran est prête à y participer », avait affirmé plus tôt le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, assurant, dans la ligne habituelle de l’Iran, que son pays n’avait « jamais cherché à se doter de l’arme nucléaire ».

Il a cependant ajouté que les capacités de défense et les missiles de son pays « ne feraient jamais l’objet de négociations ». « La sécurité du peuple iranien ne regarde personne d’autre », a-t-il insisté, précisant qu’aucune rencontre n’était prévue à ce stade avec les Etats-Unis.

Selon le média américain Axios citant des responsables américains, tout accord avec Téhéran devrait notamment inclure le retrait de tout l’uranium enrichi du pays, le plafonnement du stock de missiles à longue portée et un changement de politique vis-à-vis de certains groupes armés dans la région.

En 2018, pendant son premier mandat, Donald Trump s’était retiré du pacte international sur le nucléaire iranien, conclu trois ans plus tôt, et avait rétabli des sanctions. L’Iran s’est en riposte affranchi de la plupart de ses engagements.

Le temps est « compté » : le président américain avait menacé cette semaine l’Iran d’une attaque « bien pire » que les frappes américaines menées contre ses sites nucléaires en juin dernier. Washington s’était alors joint à la « guerre de douze jours » déclenchée par Israël contre son ennemi juré, soupçonné par les Occidentaux de vouloir se doter de l’arme atomique.

En cas d’attaque, Téhéran a menacé de s’en prendre « instantanément » aux bases et aux porte-avions américains en cas d’attaque. Et a aussi brandi la possibilité « d’attaques en profondeur contre le régime sioniste [Israël] », selon Ali Shamkhani, un conseiller d’Ali Khamenei, le Guide suprême de la République islamique.

« Nous ne limitons pas le champ de la confrontation à la mer seule et nous nous sommes préparés à des scénarios plus larges et plus avancés », a-t-il déclaré vendredi, cité par l’agence de presse Tasnim, ajoutant que Téhéran connaissait mieux que ses adversaires la géographie régionale.

A Istanbul, le ministre des affaires étrangères turc, Hakan Fidan, en recevant son homologue iranien, a jugé « vitale » la reprise des négociations sur le nucléaire « afin d’apaiser les tensions régionales ». La Turquie, membre de l’OTAN, souhaite à tout prix éviter une escalade militaire qui risquerait de jeter des milliers de migrants par-delà les plus de 550 kilomètres de frontière qu’elle partage avec l’Iran et créerait un nouveau conflit à ses portes, après la Syrie.

Moscou, allié de longue date de l’Iran, a lui aussi proposé sa médiation. Et le président russe, Vladimir Poutine, a reçu, vendredi, Ali Larijani, qui dirige la plus haute instance de sécurité en Iran.

Le contexte est particulièrement tendu pour le pouvoir iranien, avec une armada américaine déployée dans le Golfe et l’inscription, jeudi, par l’Union européenne, des gardiens de la révolution, son bras armé, sur la liste des « organisations terroristes ». Cette force est accusée par les Occidentaux d’avoir orchestré, début janvier, la répression du vaste mouvement de contestation ayant fait des milliers de morts.

Avant Ankara, des pays du Golfe, dont certains abritent des bases militaires américaines, ont déjà appelé ces derniers jours à la désescalade. Selon un haut responsable de la région en contact avec Washington, les Etats-Unis ne dévoilent pas leurs cartes. « Nous espérons que, quoi qu’il arrive, cela débouchera sur la stabilité », a-t-il dit sous couvert d’anonymat, espérant que les Iraniens feront « les bons choix ».

Les autorités iraniennes reconnaissent que des milliers de personnes ont été tuées lors des manifestations, mais affirment que la grande majorité d’entre eux étaient des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des « émeutiers ». Des ONG parlent de dizaines de milliers de morts potentiels, mais le travail de recensement est entravé par les restrictions de communication, bien qu’Internet ait été partiellement rétabli après trois semaines de coupure.

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