Un manteau vert clair éclaire le gris épais de janvier devant le Café Petite, dans le 10e arrondissement de Paris. Une femme traîne sous les flocons, tire sur sa cigarette électronique ; la fumée se mêle aux cristaux accrochés à sa frange noire. Un sourire révèle ses dents du bonheur. Salomé Lahoche semble tout droit sortie de ses planches : colorée, détendue, mains dans les poches. Du haut de ses 28 ans, son trait la place parmi les jeunes figures de la bande dessinée, récompensée par le prix Révélation bande dessinée 2024.

Depuis 2020, ses strips autobiographiques circulent sur Instagram, rassemblant plus de 134 000 abonnés. Flemme assumée, confidences sur son rapport au corps et à l’alcool, séances chez le psy : tout se transforme en humour mordant sous ses couleurs pastel. Certains médias la présentent volontiers comme une voix de la « Gen Z ». Salomé Lahoche sourit à l’étiquette. « Je n’ai pas l’impression d’être une porte-parole », résume-t-elle, décrivant une génération « qui se précarise par rapport aux parents et tente de trouver de l’espoir ».

Pour Salomé Lahoche, dessiner, c’est raconter sa vie – et, par ricochet, celle de sa génération. La jeune femme se moque des injonctions contemporaines : être « healthy » (avoir un mode de vie sain), mais aussi toujours plus productif et performant. « J’essaie d’être la plus sincère. Ce que je fais sur Instagram, c’est 100 % autobiographique. Moi, je suis une grosse feignasse, lâche-t-elle. Je ne cherche pas à porter un message, mais comme c’est ce que je vis, j’en parle ».

Recomendar A Un Amigo
  • gplus
  • pinterest
Commentarios
No hay comentarios por el momento

Tu comentario