Médaillée d’or aux Jeux olympiques de Pékin en 2022 et quintuple championne du monde de danse sur glace en duo, Gabriella Papadakis a atteint le sommet de sa discipline à 26 ans. La Française, qui a fait ses adieux à la compétition en 2024, retrace sa carrière d’athlète et son parcours de femme dans un livre, Pour ne pas disparaître (Robert Laffont, 272 pages, 19,90 euros). Elle y brosse notamment un portrait peu amène de son ancien partenaire Guillaume Cizeron, sacré champion d’Europe le 17 janvier avec son nouveau binôme, Laurence Fournier Beaudry. Avant la parution de l’ouvrage, le danseur sur glace l’a dénoncé, estimant que celui-ci « contient des informations fausses, [lui] attribuant entre autres des propos [qu’il n’a] jamais tenus et [qu’il] juge graves ».
… Si ma mère n’avait pas été une entraîneuse de patinage artistique, à Clermont-Ferrand. Elle a perdu les eaux sur la glace et m’a mise sur des patins à l’âge de 4 ans. Je patinais par mimétisme, même dans le bain avec les boîtes de savon. C’est du moins ce qu’on m’a raconté. Dans mes tout premiers souvenirs de vie, je suis déjà patineuse. Puis j’ai côtoyé les patinoires comme on va à l’école. C’était une donnée, je ne la questionnais pas.
C’était mon entraîneur. Tout le temps. Elle est la « drive », comme on dit au Canada, la motivation pure, la volonté. Elle a construit sa propre vie en faisant du patin, contre l’avis de ses parents, qui l’avaient emmenée un beau jour à la patinoire. Mais elle a commencé tard, et est devenue coach très jeune, à 19 ans. Nous n’avions pas beaucoup d’argent, elle a voulu me donner toutes les chances de réussir. Elle se formait auprès d’autres coachs, cherchait de nouvelles figures, étudiait les chorégraphies, m’envoyait suivre les meilleurs stages. A la maison, le plaisir de lire le soir était souvent interrompu par une phrase de la coach : « Tu vas être fatiguée à l’entraînement, demain. »