L’autrice Nelly Arcan, la star de télé-réalité Loana, la hardeuse Tabatha Cash, les actrices Maria Schneider, Mallaury Nataf et Caroline Ducey : toutes ont été associées à la nouvelle vague de « libération » de la sexualité qui a culminé lors des années « porno chic », de 1999 à 2004. Elles ont été adorées, médiatisées, enviées… mais aussi méprisées, critiquées, culpabilisées. Certaines se sont suicidées, d’autres ont été tuées, ont souffert d’addiction, se sont retrouvées à la rue. D’autres encore ont dû refaire leur vie à l’étranger – sans jamais pouvoir réellement tourner la page. « Pute un jour, pute toujours » : c’est ce qu’on appelle le slut shaming.
Le concept est au cœur d’un essai récemment paru en librairie, aux éditions La Découverte : Slut Shaming. Faire payer les femmes (160 pages, 18 euros). L’autrice, Ovidie, connaît bien son sujet. Elle a incarné l’avant-garde française du féminisme sexpositif, qui considère la sexualité comme un vecteur d’émancipation. Avant de devenir doctorante et autrice multiplateforme (podcasts, séries, essais, bandes dessinées), elle a aussi tourné quelques films X, comme actrice ou comme réalisatrice. Cette partie de sa carrière a duré trois ans en tout et pour tout. C’est fini depuis 2002. Pourtant, quoi qu’elle fasse, on la présente toujours comme une hardeuse.