« A Minneapolis, les Etats-Unis sont confrontés à un engrenage institutionnel comparable à celui de l’affaire Dreyfus »

Lorsque à la fin du XIXe siècle des éléments établissant l’innocence du capitaine Dreyfus apparurent, ils furent étouffés. Les tribunaux confirmèrent des verdicts qu’ils savaient compromis. Les autorités militaires choisirent la cohésion de l’armée plutôt que la justice. Beaucoup croyaient sincèrement que reconnaître une erreur affaiblirait les institutions chargées de défendre la nation.

Admettre l’erreur était jugé plus dangereux que de maintenir l’injustice. Les preuves existaient, mais elles ne contraignaient plus l’autorité. Les tribunaux s’en remettaient à l’armée ; l’armée à son honneur ; les dirigeants politiques invoquaient « le bien du pays ». Une fois cette chaîne refermée, l’injustice devint auto-entretenue.

Plus d’un siècle plus tard, les Etats-Unis sont confrontés à un engrenage comparable. Les institutions en cause ne sont pas les tribunaux et l’armée, mais les forces fédérales de maintien de l’ordre, les plus hauts responsables politiques et des acteurs prêts à ignorer, voire à manipuler, les preuves.

En janvier, des agents fédéraux ont tué deux citoyens américains à Minneapolis lors d’opérations publiques de maintien de l’ordre, Renee Good et Alex Pretti. Tous deux étaient appréciés dans leurs communautés et n’avaient aucun passé criminel. Les autorités fédérales ont immédiatement avancé un récit écartant la responsabilité des forces de l’ordre, et qualifiant les victimes de « terroristes intérieurs ». Une certitude lancée sans aucun travail de vérification préalable.

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