Les propos sexistes tenus par Daniel Bravo, à l’encontre de l’ex-footballeuse internationale française Gaëtane Thiney, lors de la diffusion du match de Ligue 1 entre le Paris FC (PFC) et l’Olympique de Marseille, samedi 31 janvier, ne sont pas passés inaperçus. Loin s’en faut.
BeIN Sports a présenté des excuses à la première concernée, à ses abonnés et « toutes celles et ceux que ces propos ont pu heurter », dimanche 1er février. « Nous regrettons sincèrement les propos tenus à l’antenne par l’un de nos consultants », écrit ainsi la chaîne franco-qatarie, dans un communiqué relayé sur ses réseaux sociaux.
Un peu plus tard dans la journée, sa direction a annoncé suspendre l’ancien milieu de terrain, avec effet immédiat. Une « décision qu’il comprend parfaitement », a fait savoir Florent Houzot, le directeur de la rédaction de BeIN, dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse. Et de préciser que Daniel Bravo « regrette évidemment profondément ses propos » et qu’il « a appelé Gaétane [Thiney] pour s’en excuser ».
Après un plan montrant celle qui est aujourd’hui la directrice sportive de la section féminine du PFC, dans les tribunes du stade Jean-Bouin, l’ex-footballeur professionnel, consultant depuis 2016 pour la chaîne, a estimé qu’« elle n’[était] pas très attentive », ajoutant avoir « l’impression qu’elle parlait lingerie » avec l’une de ses collègues.
Remarque immédiatement condamnée par le journaliste Christophe Josse, qui officiait à ses côtés pour BeIN Sports. Le PFC a, lui aussi, déploré les propos « sexistes et déplacés » de l’ancien joueur, « contraires aux valeurs que [le club] défend au quotidien ».
« Réduire une femme – ancienne internationale, joueuse emblématique et aujourd’hui directrice sportive du Paris FC Féminines – à des clichés sexistes n’a rien d’anodin », a réagi l’association Femmes journalistes de sport, dénonçant des paroles qui « contribuent à banaliser le mépris et à fragiliser la légitimité des femmes dans le sport, qu’elles soient joueuses, dirigeantes, journalistes ou consultantes ».
D’autant que cette remarque fait écho à la campagne de dénigrement dont Vanessa Le Moigne, journalistes de BeIN Sports, a été récemment la cible. Animatrice de la chaîne pour la Coupe d’Afrique des nations, elle a été prise à partie sur les réseaux sociaux pour son interview d’Edouard Mendy au terme de la finale entre le Sénégal et le Maroc. Au point qu’elle a annoncé renoncer à couvrir le football.
BeIN Sports lui a d’ailleurs apporté son soutien dimanche, dénonçant des « attaques inacceptables » et insistant sur le fait qu’« aucun jugement ou commentaire sexiste n’a sa place sur nos antennes et nos médias sociaux » : « Le respect de toutes et tous dans l’expression, dans la pratique et dans la passion du sport est une valeur essentielle pour nos équipes. »