Professeur à l’école d’études internationales S. Rajaratnam de l’université de technologie de Nanyang, à Singapour, James Char est spécialiste de l’armée chinoise et de ses relations avec le pouvoir politique. Il revient sur la chute, annoncée le 24 janvier, du général Zhang Youxia, plus haut gradé de l’Armée populaire de libération (APL), après le président chinois lui-même, Xi Jinping. Une éviction qui ne laisse que deux postes occupés sur les sept que comptait la commission dirigeant les forces chinoises. L’expert estime fallacieuses les spéculations sur la préparation d’un coup d’Etat ou d’une opposition frontale, mais voit une volonté du président Xi de faire tomber les hauts gradés dès qu’ils se constituent leur propre base de pouvoir, tout en luttant contre une corruption bien réelle.
Par cette action contre le général Zhang, Xi Jinping répond à une critique de longue date, selon laquelle sa campagne anticorruption – qui a débuté en 2012 et l’a vu ensuite accéder au pouvoir – a été un exercice sélectif, puisqu’elle épargnait ceux qui, comme lui, relèvent d’un lignage de « princes rouges ». La faction des princes, également connue sous le nom de « deuxième génération rouge », fait référence aux descendants des pères révolutionnaires du Parti communiste chinois [PCC]. Les pères de Xi et de Zhang furent, en effet, des membres-clés de l’armée de la campagne du Nord-Ouest, dans le combat du PCC contre le gouvernement du Kuomintang pendant la guerre civile chinoise [1927-1949]. Ce faisant, Xi souligne également que personne, dans l’Etat-parti, n’est intouchable.