Ce documentaire contient des scènes d’une atrocité telle qu’elles peuvent heurter des téléspectateurs. Les sacs mortuaires dans la morgue principale de Téhéran, les corps alignés, les mares de sang, sur les trottoirs. L’un a la tête arrachée. L’image est furtive. A l’hôpital, les gémissements de douleur ; la scène poignante d’un père devant son enfant mort, « Va mon fils, je te rejoins ». Cette violence montrée n’est pas gratuite. Elle explique la détermination croissante d’une partie de la population iranienne à renverser le régime des mollahs, quitte à ce qu’il y ait des morts (leur nombre était évalué à 38 000 au 1er mars).
Ces vidéos ont été prises par des Iraniennes et des Iraniens avec leurs smartphones, au péril de leur vie, depuis le 28 décembre 2025, quand des commerçants du Grand Magasin de Téhéran se sont mis en grève. Ce mouvement marque le début de la révolte qui va être réprimée dans le sang par le régime de Khamenei. Les Iraniens vont filmer, y compris lorsque le régime des mollahs va couper l’électricité et Internet, du 10 au 18 janvier. Quelques centaines d’Iraniens vont, toutefois, faire sortir des images. Parmi eux, Reza – le nom a été modifié –, qui entretient un lien privilégié avec la journaliste franco-iranienne Mariam Pirzadeh.