Quand les événements nous échappent, feignons de les maîtriser. Après la frappe, dimanche 1er mars, de drones iraniens contre la base navale française à Abou Dhabi, les autorités françaises ont tenu à rassurer l’opinion publique. Sitôt l’attaque connue, la ministre des armées, Catherine Vautrin, a publié un communiqué confirmant que deux drones iraniens avaient endommagé un entrepôt de la base d’Al Salam, à Abou Dhabi, et provoqué « un incendie dans deux conteneurs de matériel divers », sans faire de victimes. Une version reprise par le président, Emmanuel Macron, lors du conseil de défense convoqué le jour même.
Selon les informations du Monde, la base navale française aux Emirats arabes unis (EAU) aurait, en réalité, été visée par trois drones qui ont « remis provisoirement en cause la capacité de la France à recevoir nos navires de guerre en escale », indique un habitué des lieux. L’incendie a, en effet, détruit des pièces essentielles à l’entretien et à la réparation des bâtiments de la marine française. « Il n’y en a pas pour des millions d’euros de matériels, mais ce sont en fait deux hangars dans les zones techniques et de stockage qui ont été touchés », poursuit la même source. Aucune munition ni arme entreposée dans des structures sécurisées de la base n’a été atteinte par les drones et les explosions.