A gauche, les tensions entre La France insoumise (LFI) et le Parti socialiste (PS) ont atteint, mercredi 4 mars, un niveau de violence rarement atteint autour de la figure de Jean-Luc Mélenchon, accusé d’antisémitisme. Et ce à dix jours du premier tour des élections municipales.

En meeting à Lyon, jeudi, afin de soutenir ses candidats aux élections municipales, le leader « insoumis » avait ironisé sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein, ce qui avait fait réagir nombre de personnalités politiques, du centre droit jusqu’à gauche, y voyant une reprise des codes antisémites. Dimanche, à Perpignan, il avait aussi joué sur le nom de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, lequel l’avait directement qualifié de « Jean-Marie Le Pen de notre époque ». M. Mélenchon avait alors présenté ses excuses.

Mais ces polémiques à répétition ne passent pas au sein du PS. Le bureau national a appelé les militants « insoumis » à se désolidariser localement des propos de M. Mélenchon et a prévenu qu’il n’y aurait pas d’accord au second tour avec LFI « compte tenu de l’inquiétante dérive de la direction de ce mouvement ». « En cherchant à conflictualiser chaque événement, en multipliant les caricatures complotistes et propos antisémites intolérables », Jean-Luc Mélenchon « a profondément et volontairement divisé la gauche et contribué à l’affaiblir », a dénoncé le PS dans sa résolution.

Ces reproches, que les socialistes n’avaient jamais formulés aussi directement, ont provoqué la colère de Jean-Luc Mélenchon, qui se défend de tout antisémitisme : « Insupportable désolidarisation du combat antifasciste, qui reprend les attaques de l’extrême droite, a-t-il lancé, mardi soir, sur son compte X. Les luttes internes du PS et leurs surenchères de haine anti-LFI promettent ainsi à la droite et au Rassemblement national la victoire dans des dizaines de villes au premier et au second tour [des élections municipales]. »

« Je n’ai pas de leçon à recevoir d’un bourgeois sur son canapé, qui fait de l’antisémitisme une expression commune dans beaucoup de ses discours », lui a répondu, mercredi matin, Pierre Jouvet, secrétaire général du PS interrogé sur Public Sénat. Pour le socialiste, Jean-Luc Mélenchon est devenu « l’homme politique le plus détesté de ce pays », et risque de « mettre toute la gauche française au ban de la société ».

Avec le risque d’affaiblir la gauche aux élections municipales, chacun des deux partis accuse l’autre d’offrir un boulevard au Rassemblement national. Mathilde Panot, cheffe des députés « insoumis », a estimé, mercredi matin sur France Inter, que le PS faisait « une erreur historique » : « L’extrême droite gagne quand ceux qui sont censés être ses adversaires rentrent dans son cadre. »

Cette joute verbale semble éloigner la perspective de potentielles alliances entre les deux tours, qui pourraient pourtant être cruciales dans certaines villes comme Toulouse.

Le Parti socialiste s’était dit ouvert à des accords au cas par cas, mais a de nouveau écarté, mardi, toute fusion nationale. Il a évoqué l’idée d’un désistement en cas de risque de victoire du RN, cas de figure possible à Marseille. Si Jean-Luc Mélenchon a appelé les militants socialistes à « se désolidariser de ces consignes de division », Pierre Jouvet a appelé les électeurs « insoumis » à « ouvrir les yeux », en leur disant qu’il existe « une autre voix politique à gauche ».

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