Trois ans séparent Planet of Lana (2023) de sa suite, Planet of Lana II : Children of the Leaf, disponible, jeudi 5 mars, sur PC, Xbox, Switch et PlayStation. Le temps a passé sur la planète et son héroïne a grandi. La fillette est désormais au seuil de l’adolescence et a perdu les hésitations de l’enfance dans ses déplacements. Agile et rapide, Lana peut désormais bondir au sol pour se glisser dans des espaces étroits lors de courses-poursuites.

Mui, son compagnon à quatre pattes dont on découvre enfin les origines, a lui aussi évolué. C’est au cours des puzzles – véritable colonne vertébrale du jeu – que ses nouveaux pouvoirs se révèlent. Dans le niveau aquatique, par exemple, il prend le contrôle de petits poissons noirs. Pour franchir un couloir gardé par des murènes électriques, ils permettent de créer un nuage d’encre au bon endroit pour aveugler l’ennemi. Lana peut dans un deuxième temps passer par là pour s’enfoncer dans les profondeurs.

Les énigmes ne se résument pas à enclencher le bon interrupteur. Pour en venir à bout, il faut observer le décor et exploiter les pouvoirs propres aux deux personnages au bon moment. Parfois coriaces au premier abord, elles se révèlent rarement frustrantes grâce à des touches de couleur dans le décor ou aux formes évocatrice de troncs ou de rochers qui guident discrètement l’œil.

L’impératif de la furtivité vient également donner le rythme. On peut se retrouver à envoyer Mui sur une plateforme élevée pour neutraliser une caméra durant quelques secondes avant que Lana passe dans le dos d’un robot patrouilleur. La progression est faite d’une alternance de casse-tête, d’infiltration et de poursuites ébouriffantes ; les Suédois de Wishfully Studios sont allés puiser cette formule classique auprès des références du genre, Another World (1991), d’Eric Chahi, et Limbo (2010), de Playdead.

Comme les jeux dont il tire ses influences, cette aventure mise sur la brièveté. Les huit heures qu’il nous a fallu pour le terminer ont été dénuées de temps morts ou de redondances. Pour qui fuit les expériences chronophages vastes ou difficiles, c’est une qualité rare. En revanche, on quitte Planet of Lana II lorsque l’on commence à peine à s’y sentir vraiment chez soi.

Cette courte durée est l’occasion de proposer des univers visuels et sonores richement travaillés, par ailleurs inspirés par le cinéma. Une forêt aux troncs massifs et aux rochers mousseux convoque avec insistance le décor du film d’animation Princesse Mononoké, de Hayao Miyazaki. Un dieu cerf surgissant d’entre les arbres scelle l’hommage. Lana, elle, tient plus du jeune Luke Skywalker, par son costume minimaliste et sa candeur, que l’on rencontre sur la planète Tatooine dans le premier Star Wars.

Et comme dans l’univers imaginé par George Lucas, la musique est ici un personnage à part entière. Takeshi Furukawa, compositeur de The Last Guardian (2016), marche dans les pas de John Williams sans se départir d’une personnalité propre : les thèmes sont généreux, les orchestrations luxueuses et même les moments silencieux sont habités. La linéarité du jeu permet de construire une bande originale qui respire comme un film, dans la grande tradition des fresques hollywoodiennes des années 1990.

L’enjeu narratif a lui aussi mûri. Après le combat binaire de robots contre les humains du premier titre, des colons viennent ici piller les ressources de la planète et souiller ses paysages verdoyants. Mais le récit refuse l’épopée écologiste et c’est là sa première surprise.

Lana ne rejoint pas la résistance pour sauver le monde. Elle se met en quête de trois ingrédients pour soigner une petite fille contaminée par d’étranges minerais. Une mission minuscule dans un monde qui s’effondre. Une antithèse assumée des blockbusters vidéoludiques et de leurs quêtes aux ambitions démesurées.

Le charme de Planet of Lana II tient dans cette tension : celle d’un héroïsme à hauteur d’enfant, mû par l’empathie pour une petite fille plutôt qu’en réaction aux envahisseurs sans scrupule. Mais à mesure que le décor est ravagé et que nos proches sont touchés, on se doute que le temps de l’innocence est compté et que la violence nous attend, quelque part au bout du chemin.

On a aimé :

On a moins aimé :

C’est plutôt pour vous si…

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

La note de Pixels

8 heures de jeu maximum/10 caresses à Mui

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