La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a accueilli à bras ouverts mercredi 4 mars le ministre de l’intérieur américain Doug Burgum, également président du Conseil national énergétique des Etats-Unis, qui a estimé les possibilités de collaboration entre les deux pays « illimitées », deux mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine.

Sous pression des Etats-Unis, Mme Rodriguez, qui a déjà accueilli plusieurs officiels américains, a opéré une réforme de la loi sur les hydrocarbures ouvrant le secteur au privé, promulgué une amnistie devant permettre la libération de tous les prisonniers politiques, et a promis une réforme judiciaire. Mercredi, elle a réitéré sa promesse d’une réforme du code minier.

Le président Trump a félicité dans la journée sur son réseau Truth Social Mme Rodriguez pour son « excellent travail ». Celle-ci l’a immédiatement remercié, dans un message sur Telegram, pour « l’aimable disposition de son gouvernement à travailler conjointement à un programme qui renforce la coopération binationale au bénéfice des peuples des Etats-Unis et du Venezuela ».

En parallèle, le gouvernement américain a autorisé mercredi la compagnie aérienne American Airlines à établir des liaisons aériennes avec le Venezuela via l’une de ses filiales, Envoy Airlines, selon des documents du ministère des Transports que l’Agence France-Presse a pu consulter. Les liaisons aériennes entre les Etats-Unis et le Venezuela sont interrompues depuis 2019 et la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

A Caracas, M. Burgum, connu pour sa proximité avec l’industrie pétrolière et gazière américaine, a estimé « les possibilités de collaboration et de synergie entre les deux pays (…) illimitées ».

« Nous avons plus de deux douzaines d’entreprises américaines avec nous aujourd’hui, parmi les plus grandes, les plus solides et les meilleures sociétés minières au monde (…). Elles sont impatientes de se mettre au travail », a-t-il poursuivi. Le ministre doit visiter des sites miniers jeudi, tournant la page des sanctions imposées par Washington sur le secteur pétrolier et aurifère du pays après la réélection de M. Maduro en 2018.

Depuis la capture de ce dernier, Donald Trump a pris le contrôle du secteur pétrolier et soulagé quelque peu les sanctions visant Caracas. La visite de M. Burgum intervient deux semaines après celle du ministre de l’énergie Chris Wright qui avait, lui, visité des sites pétroliers, juste après la réforme de la loi sur les hydrocarbures.

Mercredi, Mme Rodriguez a évoqué un « élargissement de la loi » régissant le secteur minier, alors que lundi le président de l’Assemblée nationale Jorge Rodriguez, son frère, avait confié vouloir faire en sorte « que de grandes entreprises étrangères puissent entrer pour l’exploitation » des minerais et terres rares.

Le Venezuela est un pays riche en minerais comme l’or, le diamant, la bauxite et le coltan. L’activité est concentrée sur un territoire de 112 000 km carrés baptisé « Arc minier ». Les écologistes dénoncent l’expansion de l’extraction minière illégale et les ravages qu’elle produit avec la pollution des cours d’eau et la déforestation. L’ONG SOS Orinoco a alerté sur une réduction de 945 000 hectares de forêt depuis l’an 2000, d’après l’analyse d’images satellitaires. L’exploitation minière a en outre fait l’objet de critiques en raison de l’opacité qui l’entoure, des ONG dénonçant des problèmes de corruption et la présence de gangs.

La visite de M. Burgum coïncide également avec l’annonce, mardi, par la compagnie publique Petroleos de Venezuela (PDVSA), de la signature de nouveaux contrats de fourniture de pétrole et de dérivés pour le marché américain. Elle n’en a pas précisé le montant, mais a déjà envoyé aux Etats-Unis plus de 80 millions de barils de brut vénézuélien, selon Donald Trump. Ce nouvel approvisionnement s’inscrit dans un contexte de craintes d’une possible diminution de la production mondiale en raison de la guerre au Moyen-Orient, qui a déjà poussé les prix du pétrole à leur plus haut niveau de ces dix-huit derniers mois.

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