Un mal enkysté ronge le Pérou : la corruption. La litanie des affaires est ininterrompue : acte de népotisme au Parlement, haut gradé de la police mis en examen pour trafic d’influence, gouverneur régional visé par une enquête pour détournement de fonds.
A l’automne, de grandes manifestations conduites par la « gen Z » (la génération Z, soit les 20-30 ans) ont exprimé l’exaspération de la population envers l’insécurité mais aussi envers la « mafia » au pouvoir. Les jeunes accusaient les députés de servir leurs propres intérêts avant ceux des Péruviens. La moitié des 130 membres du Congrès sont visés par des enquêtes judiciaires, la plupart dans des dossiers de corruption, reflétant le classement du Pérou dans l’indice de perception de ce fléau publié par Transparency International : 127? sur 180 pays.
Des enquêtes judiciaires et journalistiques ont dévoilé comment le Parlement a été en partie infiltré par le crime organisé lié au trafic d’or illégal, de bois et de terres. L’exécutif n’est pas en reste : sept présidents, de droite comme de gauche, ont été poursuivis ou condamnés pour corruption depuis le retour de la démocratie en 2001. Le 26 novembre, Martin Vizcarra (2018-2020, centre) a été condamné à quatorze ans de prison pour avoir perçu 2,3 millions de soles (580 000 euros) de pots-de-vin lorsqu’il était gouverneur régional.