Comment les cartes sont devenues des contre-pouvoirs pour redessiner le monde

Des îlots de forêt sillonnés par des camions de rondins et cernés par des usines de papier et de pellets, d’où surgit un impressionnant crapaud sonneur à ventre jaune, une espèce protégée. C’est ainsi que des habitants de la Montagne limousine ont représenté « leur » massif forestier, à la croisée de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne.

Coéditée par IPNS, le journal d’information et de débat du plateau de Millevaches, et la maison d’édition associative A la criée, située à Nantes, la carte au format papier n’est pas destinée aux randonneurs ou aux touristes de passage. En mêlant dessins et récits, elle « vise à questionner les dynamiques forestières », explique Frédéric Barbe, géographe, artiste et membre de l’association, et donne à voir ce que les cartes institutionnelles ne montrent pas : l’industrialisation d’un territoire, la tristesse des riverains face aux coupes rases et leur volonté d’un autre avenir pour la forêt.

La publication fait partie de la douzaine de « cartes de résistance » produites en dix ans par l’éditeur, vendues à prix bas ou libre avec un certain succès. La conception est toujours collective, menée à l’initiative ou au plus près des habitants, avec le soutien d’un géographe et d’un graphiste. La première, celle de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), en février 2016, est épuisée après cinq tirages et plus de 20 000 exemplaires diffusés. Celle des Jeux olympiques de Paris, en partenariat avec le collectif local Saccage 2024, raconte le revers de la médaille des JO, les expulsions d’habitants à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et les morts d’ouvriers sur les chantiers du Grand Paris.

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