Laurence Joseph est psychanalyste et psychologue clinicienne à Paris. Pour cette ancienne membre de l’Institut hospitalier de psychanalyse de l’hôpital Sainte-Anne, la question des secrets et de leur dévoilement pose de manière très claire celle du récit de soi et de la vérité dans nos histoires familiales. Elle en veut notamment pour preuve nombre de succès littéraires récents – du Goncourt La Maison vide, de Laurent Mauvignier (Les Editions de Minuit, 2025), à Mon vrai nom est Elisabeth, d’Adèle Yon (Sous-sol, 2025).
Il s’agit même d’une des définitions de la famille : la capacité à avoir des secrets autour de la mort, de la maladie, des origines, de la sexualité… On les brise et on recommence sans cesse à en recréer, comme si tout être humain apprenait à se penser avec des failles et des vides. Les secrets sont d’ailleurs présents dans toutes les mythologies gréco-latines, hindoues, nordiques.