Le 16 décembre, lors de la première new-yorkaise de Marty Supreme, de Joshua Safdie, Timothée Chalamet a fait une apparition remarquée, vêtu d’un costume et d’une chemise orange éclatant, couleur balle de ping-pong, soigneusement assortis à la robe de sa mère, Nicole Flender, qui posait à ses côtés. Une mise en scène parfaitement étudiée s’inscrivant dans la stratégie déployée par l’acteur pour promouvoir ce film inspiré de la vie de Martin Reisman, champion américain de tennis de table des années 1950.
Au-delà de sa couleur, c’est un détail stylistique de la tenue qui a capté l’attention des fans de « Timmy » : la discrète écharpe frangée que portait le comédien, orange elle aussi. En effet, depuis plus d’un an, Timothée Chalamet, dont les looks sont scrutés, décryptés et analysés, porte des écharpes lors de presque toutes ses apparitions publiques. Elles sont à chaque fois différentes : rose aux éclats dorés et ultrafine (la fameuse skinny scarf, réminiscence des années 2000), en soie bleutée, en laine épaisse à carreaux ou plus légère, et en coton vert émeraude, nonchalamment enroulée autour du cou.
On l’a aussi vu avec un foulard imprimé de têtes de mort signé Alexander McQueen, comme le rappeur britannique EsDeeKid – un détail qui a nourri la rumeur selon laquelle l’acteur et le musicien (qui n’apparaît que masqué) ne faisaient qu’un, jusqu’à la parution d’un clip commun pour le titre 4 Raws Remix, à la fin du mois de novembre.
« Qu’est-ce qui se cache derrière la nouvelle obsession de Timothée Chalamet pour les écharpes ? », s’interrogeait, en 2025, l’édition américaine du magazine Vogue, parlant d’une tendance au « neck-cessorizing » (« l’accessoirisation du cou »), dont le comédien s’est imposé comme chef de file.
Longtemps destinée au confort hivernal, l’écharpe masculine affiche un renouveau. Sur les podiums, elle apparaît sous des formes toujours plus créatives : volumineuse comme une grosse couverture, à rayures, à fleurs, ornée d’inscriptions, devenant une signature visuelle…
Elle se fait aussi le témoin du regain d’intérêt pour le tricot au sein de la jeune génération, qui trouve dans cette pratique des vertus antistress – sur TikTok, des hashtags comme #knittok témoignent de cet engouement, alors que les tutoriels pour fabriquer une Sophie scarf se multiplient. Cette écharpe minimaliste, qui ressemble, une fois nouée, à un foulard, se distingue par la simplicité de son patron – ce qui en fait le modèle idéal pour les tricoteurs débutants.
Fin novembre, la tendance tour de cou a même débordé sur le terrain politique, après une rencontre à la Maison Blanche entre Donald Trump, apparu muni d’une écharpe bordeaux repliée dans le col de son manteau noir, et le maire nouvellement élu de New York, Zohran Mamdani. Rapidement moqué sur les réseaux sociaux, le président américain a été comparé à Palpatine, l’empereur maléfique de la saga cinématographique Star Wars.