La colère agricole et l’instabilité politique lui ont lié les mains. Après des semaines de valse-hésitation au sommet de l’Etat, Emmanuel Macron a annoncé, jeudi 8 janvier, que la France voterait contre l’accord commercial entre l’Union européenne et quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay). A la veille d’un vote décisif à Bruxelles, le chef de l’Etat était attendu au tournant par les syndicats agricoles et les forces politiques qui le pressaient de renoncer à parapher ce traité de libre-échange, décrié pour la concurrence déloyale qu’il fait encourir à l’agriculture française.
« Il ne justifie pas d’exposer des filières agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire », s’est expliqué Emmanuel Macron, dans un communiqué. Sur BFM-TV, la ministre de l’agriculture Annie Genevard s’est félicitée d’un « non puissant », refusant que le monde agricole soit « sacrifié sur l’autel d’un libre-échange ancien, mal pensé, mal calibré ».
Le renoncement de l’exécutif est une réponse partielle au malaise agricole, déjà apparu lors de la gestion contestée de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse. Et, comme à l’hiver 2024, la crise agricole revêt des atours de mouvement antisystème, les syndicats poussés par leur base à endosser des actions radicales contre un gouvernement cantonné à la gestion de crise.