La dernière fois que l’équipe de France masculine de hockey sur glace a disputé les Jeux olympiques (JO), c’était en 2002, à Salt Lake City, dans l’Utah (ouest des Etats-Unis). Près d’un quart de siècle plus tard, les Bleus vont enfin faire leur retour dans le tournoi, à Milan-Cortina (du 6 au 22 février). Et ils ont un autre motif de satisfaction : à un mois de l’échéance, l’un de leurs attaquants est en pleine forme.

Alexandre Texier, 26 ans, a brillé lors de ses deux derniers matchs avec les Canadiens de Montréal, dans la Ligue nord-américaine (NHL). Jeudi 8 janvier, face aux Florida Panthers (6-2), doubles champions en titre, l’Isérois a signé un « tour du chapeau », selon l’expression locale en vigueur. Autrement dit, il a marqué trois buts. La veille, il avait déjà inscrit trois points – un but et deux assistances – face aux Calgary Flames (4-1), les statistiques de la NHL comptabilisant les actions offensives décisives.

Depuis son arrivée, à la fin de novembre 2025, au sein de la prestigieuse franchise – l’une des six fondatrices de la ligue –, il a accumulé 14 points en 22 rencontres, auxquels s’ajoute, depuis le début de la saison, un point inscrit en huit matchs avec sa précédente équipe des Blues de Saint-Louis.

Alexandre Texier devient le troisième hockeyeur français à dépasser la barre des 100 points en NHL (105), même s’il reste encore loin des 197 de son compatriote Antoine Roussel avec les Stars de Dallas et les Canucks de Vancouver. Le capitaine des Bleus, Pierre-Edouard Bellemare, en compte, lui, 138, sous divers maillots, dont ceux des Flyers de Philadelphie et des Golden Knights de Las Vegas.

Ancien gardien vedette de la sélection tricolore et des Canadiens (2005-2008), Cristobal Huet apprécie de voir l’un de ses concitoyens « s’épanouir », vingt ans après lui, dans la plus grande ville du Québec. « Cela me fait des flash-back. C’est super fun de jouer pour Montréal quand ça se passe bien, déclare-t-il au Monde. Et, pour l’équipe de France, c’est aussi le meilleur moment pour qu’il affiche un niveau comme ça. »

Les deux hommes partagent aussi les mêmes racines. Nés dans la commune de Saint-Martin-d’Hères, dans la banlieue de Grenoble, ils ont été formés aux Brûleurs de loups, l’emblématique club local, neuf fois champions de France entre 1981 et 2025. « Tex est technique avec le palet, il patine bien, il a une bonne vision du jeu et un très bon shoot. Il est aussi capable de faire briller les joueurs autour de lui », explique Cristobal Huet, sélectionné en 2007 pour le match des étoiles de la NHL.

Sélectionné par les Blue Jackets de Colombus (Ohio) en 2019, Alexandre Texier n’a pas eu un parcours simple. Il a été envoyé s’aguerrir en Finlande, puis est passé par le club école de sa franchise, les Monsters de Cleveland. En 2022-2023, il a été prêté en Suisse pour « préserver sa santé mentale », après de graves soucis personnels. A son retour, après une saison de plus avec Colombus, il a été échangé avec les Blues de Saint-Louis, sans parvenir à s’y imposer. Jusqu’à son arrivée à Montréal, donc, où il brille enfin.

Une éclosion tardive qui ne surprend pas Cristobal Huet. « Il est plus difficile de s’imposer en NHL quand on vient de France ou des plus petits pays de hockey. A niveau égal, les jeunes joueurs canadiens, américains, suédois ou finlandais sont privilégiés, observe-t-il. On est toujours dépendants du choix des coachs. Parfois, les occasions ne se présentent pas. Les Canadiens cherchaient un joueur de son profil. Ils avaient des blessés. Il a saisi sa chance et a eu un impact immédiat. »

Interrogé dans les vestiaires après son triplé face aux Florida Panthers, jeudi, Alexandre Texier s’est montré mesuré : « Il faut garder les pieds sur terre. Je réaliserai peut-être plus tard. J’ai toujours eu confiance en mon game [mon jeu]. Il suffisait peut-être d’une occasion. » Le Français sait que les places sont chères dans la grande ligue. « J’essaie de me donner toutes les chances d’y rester. »

Sa présence aux Jeux olympiques de Milan-Cortina avec les Bleus a été officialisée, mardi 6 janvier, et l’attaquant de Montréal aura fort à faire, alors que le premier tour s’annonce compliqué. Les Bleus joueront contre la Suisse, le 12 février, la République tchèque, le 13 février et le Canada, le 15 février. « La France affronte des armadas à tous les matchs. Avoir nos meilleurs joueurs en forme est important pour créer du jeu offensif et essayer de rivaliser », estime Cristobal Huet. Et l’entraîneur des gardiens de Lausanne d’apporter malicieusement un bémol : « Alexandre ne doit pas être trop bon trop tôt, sinon nos adversaires vont le serrer de près… »

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