Depuis son exil américain, il regarde la foule des manifestants grossir de jour en jour, plein d’espoir et d’impatience. Reza Pahlavi, 65 ans, le fils de l’ancien chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi (1919-1980), chassé de son pays par la révolution islamique en 1979, croit en son destin. Le mouvement de contestation, né le 28 décembre dans le bazar de Téhéran, à l’initiative de commerçants ulcérés par la chute du rial, la monnaie locale, et écœurés par la corruption et la gabegie des autorités, lui a offert un tremplin inespéré. Celui dont le nom est scandé dans les rues de Téhéran, Machahad (nord-est) ou Chiraz (sud), se présente comme l’homme providentiel de l’Iran, capable, dit-il, de diriger le pays une fois débarrassé des mollahs.
« Grande nation iranienne, le monde entier a les yeux rivés sur vous. Descendez dans la rue et, unis, faites entendre vos revendications », écrivait-il le 8 janvier, sur les réseaux sociaux en anglais et en persan, quelques heures avant des rassemblements de masse dans les grandes villes du pays, auxquels il avait déjà appelé deux jours plus tôt. « J’avertis la République islamique, son dirigeant et les Gardiens de la révolution : le président des Etats-Unis vous surveille de près, la répression du peuple ne restera pas impunie », a poursuivi l’héritier de la dynastie Pahlavi, en référence aux menaces répétées de Donald Trump de « frapper durement » la République islamique si les protestataires sont réprimées trop brutalement. Les 9 et 10 janvier, des foules ont de nouveau répondu présent à ses appels à la mobilisation, malgré les tirs à balle réelles des forces de l’ordre. « L’Iran veut la liberté, peut-être comme jamais auparavant. Les Etats-Unis se tiennent prêts à aider », clame, sur son réseau Truth social, Donald Trump, dans la nuit du 11 au 12 janvier.