Moins de berceaux et plus de cheveux gris : la chute des naissances combinée à l’allongement de l’espérance de vie fait que la population française continue de vieillir. En 2026, les 65 ans ou plus sont presque aussi nombreux (22,2 %) que les moins de 20 ans (22,5 %), souligne l’Insee dans son bilan démographique annuel, publié mardi 13 janvier. Les générations de baby-boomeurs, nés entre 1946 et 1965, accentuent la tendance au vieillissement.
Ce mouvement va s’accélérer à partir de 2030 pour culminer en 2050. Au mitan du XXIe siècle, les plus de 65 ans représenteront un tiers (27,5 %) de la population. Entre 2020 et 2030, les 75-84 ans auront crû de 50 %. La population âgée de 85 ans augmentera massivement à compter de 2030 et jusqu’en 2052, date à laquelle la pyramide des âges, selon les projections, se stabilisera.
Du fait des disparités départementales, certains territoires vont vieillir plus que d’autres. En 2050, la Dordogne comptera 42,68 % d’habitants de 65 ans et plus, contre 33 % en 2025. La Seine-Saint-Denis restera le plus jeune département de France métropolitaine, avec 18,5 % de 65 ans et plus en 2050, contre 13,49 % en 2025.
Prévisible et visible, cette grande mutation démographique n’a jamais, contrairement à la transition climatique, débouché sur des décisions politiques spécifiques des gouvernements successifs, hormis la réforme des retraites. Emmanuel Macron a décrété en janvier 2024 un « réarmement démographique » avec plusieurs annonces pour relancer la natalité, mais n’a énoncé aucune mesure prenant en compte le choc du vieillissement.
Pourtant, il aura « des conséquences profondes sur l’économie et les finances publiques, tant en matière de dépenses (retraites, santé, dépendance, éducation) que de recettes (fiscalité, cotisations) », vient de rappeler la Cour des comptes dans un rapport intitulé « Démographie et finances publiques », publié le 2 décembre 2025.
L’Insee estime, dans une étude publiée en octobre 2025, qu’en 2050 2,8 millions de personnes de plus de 60 ans devraient se trouver en perte d’autonomie, contre près de 2 millions aujourd’hui. Ce qui pourrait nécessiter notamment la création de 365 000 places supplémentaires en Ehpad d’ici à 2050 si le rythme des entrées en établissement reste le même.