A l’exception du ministre des sports, de la jeunesse et de l’emploi, Roland Somda, victime de l’élimination précoce de l’équipe nationale de football dès les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 au Maroc, les principales figures du gouvernement ont été maintenues à leurs postes à l’issue du remaniement burkinabé, effectué le 12 janvier.

La véritable nouveauté de cette équipe de vingt-deux membres, toujours dirigée par le premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo, réside plutôt dans les noms donnés à certains ministères, révélateurs de l’idéologie révolutionnaire prônée par le chef de la junte au pouvoir, le capitaine Ibrahim Traoré.

Celui de la défense et des anciens combattants devient ainsi - dans un accent trumpien - le ministère de la guerre et de la défense patriotique, ceux des infrastructures et de l’urbanisme sont fusionnés au sein d’un même ministère de la construction de la patrie, et celui en charge de la fonction publique, du travail et de la protection sociale est rebaptisé ministère des serviteurs du peuple.

S’il peut prêter à sourire, ce changement est surtout évocateur de l’évolution du capitaine Traoré. En septembre 2022, le jeune officier, alors âgé de 34 ans, avait justifié son coup d’Etat par la seule nécessité de répondre à l’expansion des groupes djihadistes à travers son pays. Trois ans et demi plus tard, la situation sécuritaire ne s’est guère améliorée et de larges pans du territoire national échappent toujours au contrôle de l’Etat. Mais l’ancien étudiant en géologie, qui avait initialement assuré ne pas vouloir rester au pouvoir, nourrit désormais de grandes ambitions politiques et sociales pour son pays.

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