Iran : « Toute intervention militaire américaine aurait des répercussions imprévisibles sur l’avenir du régime »

La République islamique d’Iran est née en 1979 dans un climat de grande incertitude. Rares étaient ceux alors qui pensaient qu’une révolution permettrait de renverser un chah soutenu par l’Occident, par l’OTAN et par une puissante armée, qui plus est à une époque, les années 1970, où Téhéran était aussi parvenu à conclure une forme de détente avec l’Union soviétique.

Or, le chah a bien été renversé et un régime islamique mis en place dans le pays. Dès les premiers jours, il a néanmoins été confronté à l’hostilité de forces politiques rivales, à des assassinats politiques, des troubles ethniques et religieux, des luttes intestines pour le pouvoir, ainsi qu’à la guerre avec l’Irak (1980-1988).

Dans les décennies qui ont suivi, l’Iran a été entraîné dans une spirale de troubles : le mouvement étudiant de la fin des années 1990, le « mouvement vert » de 2009, et des vagues de manifestations à répétition dénonçant la situation économique, tout au long des années 2010, jusqu’au début des années 2020.

Puis, en juin 2025, l’Iran s’est retrouvé brièvement aux prises avec Israël et les Etats-Unis. Après cette guerre, beaucoup jugeaient que la République islamique venait de surmonter sa pire épreuve, Israël ayant notamment frappé les plus hautes sphères de l’Etat. Mais le retour au calme ne semble pas être pour 2026. L’année s’est ouverte sur une nouvelle vague à travers tout le pays.

Seulement, cette fois, la situation est différente. Cette contestation ne peut pas être sous-estimée ni vue à travers le même prisme que les mouvements précédents. Le contexte politique, économique et régional a changé du tout au tout, de même que la nature de la menace à laquelle se voit confronté l’Etat iranien.

La République islamique est aujourd’hui affaiblie à la fois sur son sol et à l’étranger, et ne jouit plus de la même légitimité aux yeux de l’opinion. Au cours des premières années suivant la révolution, en dépit de menaces extérieures, l’ayatollah Khomeyni [1902-1989] demeurait une figure charismatique appréciée. Et si, avec le « mouvement vert » de 2009, l’Iran était confronté à des troubles graves sur le plan intérieur, il s’était cependant imposé comme une puissance régionale. Son « axe de la résistance » s’étendait de Bagdad à Damas, en incluant Beyrouth, et plus tard Sanaa. Aujourd’hui, plus aucun de ces avantages ne subsiste.

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