Les intentions du président américain, Donald Trump, en particulier sur le Groenland, « doivent être prises au sérieux », a affirmé le premier ministre, Sébastien Lecornu, mercredi 14 janvier devant l’Assemblée nationale. « Il est clair que les intentions de l’administration Trump sont sérieuses et qu’elles doivent désormais être prises très au sérieux et que nous ne devons absolument pas sous-estimer la parole du président américain », a-t-il déclaré.
Devant les députés, le chef du gouvernement français a rappelé que la France était « dans une pleine solidarité avec le Danemark et les autorités légitimes du Groenland » dont les Etats-Unis menacent de s’emparer. « La défense de la souveraineté des autres pays conditionne la protection de notre propre souveraineté », a-t-il fait valoir, en insistant sur la nécessité pour la France d’avoir un budget pour financer son « autonomie stratégique ».
« Nous ne sous-estimons pas les déclarations sur le Groenland. Si la souveraineté d’un pays européen et allié était touchée, les conséquences en cascade seraient inédites », a dit le président français, Emmanuel Macron, en conseil des ministres, selon les propos rapportés devant la presse par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. « Et la France suit la situation avec la plus grande attention et inscrira son action en pleine solidarité avec le Danemark et sa souveraineté », a-t-il ajouté.
Donald Trump a insisté mercredi sur la nécessité pour les Etats-Unis de s’emparer du Groenland, avec le soutien de l’OTAN, juste avant un entretien sous haute tension entre dirigeants danois, groenlandais et américains autour de l’avenir du territoire autonome danois. Les Etats-Unis « ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d’Or [le projet de bouclier antimissile] que nous construisons », a dit le président sur son réseau, Truth Social.
« L’OTAN devrait ouvrir la voie pour que nous l’obtenions », a-t-il ajouté, au risque de jeter le trouble sur le fonctionnement de l’Alliance atlantique. « L’OTAN devient bien plus redoutable et efficace avec le Groenland entre les mains des Etats-Unis. Tout autre scénario est inacceptable », a conclu Donald Trump.
La première ministre danoise, Mette Frederiksen, avait estimé début janvier qu’une attaque américaine sur le Groenland serait « la fin de tout » et en particulier de l’OTAN. Le Danemark a promis qu’il allait « renforcer sa présence militaire » au Groenland et dialoguer avec l’OTAN pour accroître la présence alliée dans l’Arctique, a annoncé à l’Agence France-Presse le ministre de la défense danois, Troels Lund Poulsen.
Depuis son retour au pouvoir, il y a près d’un an, Donald Trump évoque régulièrement la possibilité de prendre le contrôle de cette immense île arctique, stratégique mais peu peuplée. Il fait pour la première fois un lien entre le Dôme d’Or, gigantesque projet de bouclier qui doit permettre l’interception de missiles quelle qu’en soit la provenance, et la possession du Groenland.
A Washington, mercredi, le ministre des affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen, et son homologue groenlandaise, Vivian Motzfeldt, doivent rencontrer le vice-président américain, J. D. Vance, et le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio.