La ministre des sports clarifie la position de la France face aux appels au boycott en riposte à la politique internationale de Donald Trump. « Il n’y a pas de volonté de boycott du côté » du ministère des sports français concernant le Mondial 2026 coorganisé par les Etats-Unis, a affirmé la ministre des sports, Marina Ferrari, mardi 20 janvier, dans la soirée.

« Au stade où nous nous parlons actuellement, il n’y a pas de volonté de boycott du côté de notre ministère de cette grande compétition qui est attendue », a rapporté la ministre à la presse lors des vœux du monde sportif.

« Maintenant, je ne préjuge pas de ce qui pourrait se passer, mais j’ai entendu aussi des voix qui s’élevaient qui viennent de certains blocs politiques. Je tiens à ce qu’on dissocie le sport [et la politique]. La Coupe du monde de foot, c’est un moment extrêmement important pour tous les amoureux du sport », a-t-elle ajouté. Ce Mondial est organisé au Canada, aux Etats-Unis et au Mexique (du 11 juin au 19 juillet).

Mardi, le député La France insoumise Eric Coquerel a appelé la FIFA à ne jouer la Coupe du monde cet été qu’au Mexique et au Canada : « Sérieux, on imagine aller jouer la Coupe du monde de foot dans un pays qui agresse ses “voisins”, menace d’envahir le Groenland, détruit le droit international, veut torpiller l’ONU, instaure une milice fachiste et raciste dans son pays, y attaque les oppositions, interdit d’accès à l’épreuve les supporteurs d’une quinzaine de pays, prévoit de bannir des stades tout signe LGBT, etc. ? », a-t-il écrit sur X.

Mardi également, la secrétaire d’Etat aux sports allemande, Christiane Schenderlein, a fait savoir à l’Agence France-Presse (AFP) que la Fédération allemande de football (DFB) et la Fédération internationale (FIFA) décideraient en toute « autonomie » d’un éventuel boycott ou non du Mondial, et que « le gouvernement fédéral acceptera cette appréciation ».

Face aux tensions nées de la volonté américaine de s’emparer du Groenland et des menaces de taxes douanières accrues contre les Etats européens qui s’y opposent, les premières voix évoquant un boycott – voire une annulation – du Mondial se sont faites entendre en Allemagne, grande nation du foot, ces derniers jours.

Si Donald Trump met à exécution ses « menaces concernant le Groenland et déclenche une guerre commerciale avec l’UE, j’ai du mal à imaginer que des pays européens participent à la Coupe du monde », a déclaré l’influent député conservateur Roderich Kiesewetter mardi au journal Augsburger Allgemeine.

Lundi dans un entretien au Figaro, Claude Le Roy, l’ancien sélectionneur du Sénégal, disait « se demander s’il ne faudrait pas appeler au boycott de la Coupe du monde 2026, vu le comportement de Donald Trump à l’égard du continent, avec un président de la FIFA [Gianni Infantino] qui se targue d’être à ses côtés. Les dirigeants au plus haut niveau du foot ne parlent plus jamais de foot mais que de fric ».

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