Le tissu adipeux a mauvaise réputation. Un jugement qui, pourtant, mérite d’être nuancé. Première nuance, la couleur. Les cellules adipeuses peuvent être blanches ou brunes. Il y a une quinzaine d’années, une troisième couleur a même été ajoutée dans le nuancier de la graisse corporelle : le beige. Une étude publiée dans la revue Science, le 15 janvier, révèle, chez la souris, une fonction bénéfique inattendue des cellules adipeuses beiges qui entourent les vaisseaux sanguins : elles participent à maintenir une pression artérielle normale.

Ces distinctions de couleurs, en réalité, renvoient à des différences morphologiques et fonctionnelles majeures. Les cellules adipeuses blanches, d’abord. Elles sont chargées de stocker l’énergie, sous forme de molécules d’acides gras, dans notre corps. Point trop n’en faut cependant : nombre de maladies métaboliques et cardio-vasculaires sont associées au surpoids et à l’obésité. Le taux de graisse corporelle idéal se situerait entre 14 % et 31 % chez les femmes et entre 6 % et 24 % chez les hommes, selon le Conseil américain de l’exercice physique.

Les cellules adipeuses brunes, elles, sont dotées d’une tout autre mission : « Elles brûlent les molécules d’acides gras pour convertir en chaleur leur énergie chimique », précise Dominique Langin, directeur de l’Institut des maladies métaboliques et cardio-vasculaires (Inserm), à l’université de Toulouse. Ce tissu adipeux brun est très présent chez les rongeurs et les animaux hibernants, comme la marmotte : au sortir de la longue torpeur hivernale, il fait rapidement remonter leur température corporelle. Dans notre espèce, on a longtemps cru que seuls les nouveau-nés en étaient pourvus, principalement dans la région dorsale entre les omoplates. Grâce à quoi, ils peuvent rapidement se réchauffer à la naissance.

En réalité, le tissu adipeux brun ne disparaît pas chez l’adulte sain, ont montré des études d’imagerie en 2009. Dès lors, son analyse a suscité « un immense regain d’intérêt », relèvent Damien Lagarde et ses collègues de l’université McGill à Montréal, dans la revue Médecine des maladies métaboliques. Bien que ce tissu régresse avec l’âge, les adultes en conservent de petites quantités, notamment près des surrénales, des clavicules, de la colonne vertébrale… Les personnes obèses, par ailleurs, tendent à avoir moins de tissu adipeux brun, ou un tissu moins actif.

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