On aurait pu imaginer qu’une agence de communication en liquidation judiciaire ne souhaite pas une telle publicité. Pourtant la société Life Like Conseil (ex-Braaxe), et son dirigeant Julien Casiro, ont choisi de faire appel de leur condamnation en 2022 en première instance par le conseil des prud’hommes pour harcèlement sexuel et licenciement abusif d’une ex-salariée (dont l’anonymat sera préservé), dans le cadre d’une nouvelle audience qui devait se tenir jeudi 22 janvier à la cour d’appel de Paris.
L’affaire se complique encore d’un volet pénal pour le patron qui a été entendu jeudi 15 janvier par la police judiciaire pour faits de harcèlement moral et sexuel, à la suite de nombreux témoignages de salariés.
Première d’une série d’entreprises du secteur mises en cause sur les réseaux sociaux pour harcèlement sexuel, l’affaire Braaxe avait fait grand bruit en 2022. Dans cette agence dont la clientèle compte des marques aussi connues que Coca-Cola ou Kleenex, le fondateur Julien Casiro, la quarantaine, influent dans le secteur, multipliait, d’après les témoignages, des comportements relevant de l’intimidation envers des employés dans une atmosphère hautement sexualisée. Parmi les faits reprochés : la diffusion de films pornographiques que certains employés avaient l’obligation de regarder ; des photomontages montrant des employées nouvellement embauchées entourées de scènes porno, et des sextoys posés çà et là.
« Ce qui frappe, c’est le sentiment d’impunité », insiste Elise Fabing, l’avocate spécialiste en droit social, conseil de l’ex-salariée qui accuse Julien Casiro. « Autant de traces, c’est rare », indique-t-elle. De fait, le dossier regorge de commentaires obscènes à l’égard de sa cliente – « T’es maquillée comme une pute » –, doublés de textos harcelants pour obtenir des photos d’elle nue ou des détails de sa vie intime : « Vous l’avez fait par-derrière ce week-end ? Mais genre, quand tu suces tu fais comment ? »