Le patron de la compagnie iranienne de télécommunications a assuré aux médias locaux, samedi 24 janvier, que l’accès à Internet serait rétabli « aujourd’hui ou demain », a rapporté l’agence de presse iranienne Fars. Selon la même source, le Conseil suprême de la sécurité nationale a approuvé, vendredi soir, le rétablissement de la connexion et en a informé le ministère des communications. « Si Dieu le veut, ce problème sera résolu aujourd’hui ou demain », a déclaré Behzad Akbari, cité par l’agence.

Fars a fait état d’une brève reprise de l’accès à Internet, « coupé de nouveau au bout d’environ trente minutes », un mouvement également signalé par l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks. Des responsables du ministère des communications ont toutefois déclaré à Fars que la remise en service prendrait du temps « en raison de complexités techniques ».

Les autorités ont imposé, le 8 janvier, une coupure d’Internet pour cacher, selon les défenseurs des droits humains, une répression sanglante qui a fait des milliers de morts et étouffé un vaste mouvement de contestation entamé fin décembre.

Plus tôt samedi, Yousef Pezeshkian, fils du président iranien et conseiller à la présidence, avait appelé les autorités à rétablir Internet, jugeant qu’elles devront faire face « tôt ou tard » à la diffusion des images de la répression. Poursuivre le blocage d’Internet « creusera le fossé entre la population et le gouvernement. Cela signifie que ceux qui n’étaient pas et ne sont pas mécontents viendront s’ajouter à la liste » de ceux qui le sont, a-t-il estimé dans un message sur Telegram, cité par l’agence officielle IRNA.

L’ONG Human Rights Activists News Agency (Hrana), basée aux Etats-Unis, a déclaré vendredi avoir confirmé la mort de 5 002 personnes au cours de la mobilisation, dont 4 714 étaient des manifestants. Elle a déclaré toujours enquêter sur 9 787 autres décès possibles.

Le travail de vérification des défenseurs des droits est compliqué par la coupure d’Internet. L’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, a confirmé la mort de 3 428 manifestants, disant cependant craindre que le chiffre réel atteigne les 25 000 morts. Mercredi, les autorités iraniennes ont donné leur premier bilan total, de 3 117 morts, dont la grande majorité (2 427) sont, selon elles, des « martyrs » – forces de sécurité ou passants, et non des « émeutiers », comme sont qualifiés les manifestants.

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